Life & IT Alignement

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dimanche 1 mars 2009

Pensée du jour

As we view GEICO’s current opportunities, Tony and I feel like two hungry mosquitoes in a nudist camp. Juicy targets are everywhere.

-- Waren BUFFET (Lettre annuelle aux actionnaires 2009)

mardi 11 mars 2008

Les FAI et le Total Quality Mismanagement

D'habitude l'abréviation TQM est l'acronyme pour Total Quality Management ou Gestion complète de la qualité. Dans le cas des fournisseurs d'accès internet français, on devrait plutôt parler de Total Quality Mismanagement ou Manque complet de qualité.

Depuis un petit bout de temps je réfléchi sur le sujet et je suis frappé par le manque fondamental de design, de qualité et de bonne relation client chez les FAI. Je ne voudrais pas faire mon chieur mais bon, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Tous grenouillent allègrement dans la médiocrité.

C'est quoi un produit de qualité?

Un produit de qualité c'est avant tout un produit:

  1. Qui fait ce que l'on attend de lui sans que cela soit une corvée.
  2. Qui innove.
  3. Qui soit élégant.

Bref, quand on regarde l'offre disponible sur le marché français qui est pourtant l'un des plus compétitif du monde, on vire à la tragédie grecque. Ayant déjà fait l'expérience de plusieurs modes d'accès/fournisseurs, je peux me permettre de faire un peu de comparaison.

Les routeurs

C'est le point crucial de l'infrastructure côté client puisque c'est ce boîtier qui permet l'accès plus ou moins facile à Internet. Je ne m'attarderais pas sur les boitiers usb qui sont de véritables cochoneries à configurer sous Linux. A la réflexion, sous Windows aussi, ils n'ont pas évolués depuis le temps du vieux modem RTC.

Le véritable point d'accès universel et pratique, c'est un modem/routeur en mode DHCP. On branche sur la prise téléphonique à un bout, sur un cable ethernet à l'autre, et voilà! cela marche. Ben même cela, c'est trop compliqué pour certains FAI.

Jusqu'à présent, j'ai utilisé 3 différents modem/routeur dans cet ordre:

  1. (2003-2007) Un Netgear pour palier les déficiences d'un boitier d'accès USB Sagem complésement fourni par Free.
  2. (2007-?) NeufBox V4 avec Neuf, mon fournisseur actuel.
  3. (2008-?) Freebox V5 avec Free, le fournisseur de mes parents. Avoir passé un après-midi complet à configurer cette cochonnerie est un peu la justification de cet article.

Le routeur Netgear n'offrait que des fonctions de base d'un modem/routeur mais c'est ce que je lui demandais, a savoir:

  • Partager un accès ADSL entre plusieurs ordinateurs via ethernet/wifi. Tout autre mode de connexion est pour moi, une hérésie disqualifiant ipso facto le FAI .
  • Faire office de Pare-feu.
  • Interface d'administration pas trop compliquée.

Autant dire qu'il m'a pleinement apporté satisfaction surtout qu'à l'époque, non seulement aucun fournisseur n'offrait le même genre de boitier, la freebox qui venait juste de sortir ne permettait pas encore l'accès à plusieurs ordinateurs ni le wifi facilement. En plus dans mon trou perdu, je n'y avais pas le droit. Il n'a même pas posé de problèmes pour permettre la connexion d'un portable en vpn avec le réseaux extérieur d'une société.

Aujourd'hui en plus des fonctionnalités ci-dessus, on attend au minimum d'un modem/routeur surtout s'il est fourni par le FAI:

  • Le partage d'imprimante.
  • Le partage de disque dur.
  • Le téléphone sur ADSL.
  • La télé sur ADSL.

Les 3 principaux fournisseurs que sont Orange, Neuf et Free proposent cela. Avec la télé déportée sur un autre boîtier qui peut aussi faire office de magnétoscope. Cela défini l'offre standard qu'un FAI correct se doit d'offrir.

Neuf a à peu près tout bon sur le sujet. C'est d'ailleurs un des point qui me les a fait choisir comme mon fournisseur. Même si on peut déplorer le manque de qualité du design du boîtier et ses plastiques qui rappellent plus des jouets chinois de mauvaises qualités qu'un objet de haute technologique.

Orange a un beau boitier mais par contre il est sérieusement en manque de ports ethernet (j'ai 2 PC et un portable que je connecte indifféremment en wifi ou en ethernet). De plus le boitier télé est une extension payante. Mais bon quand France Telecom arrêtera de vouloir arnaquer ses clients jouer sur sont statut d'opérateur historique, les poules auront des dents.

Free et c'est le plus étonnant vu leur niveau technique, est totalement à côté de la plaque. Non seulement pour configurer le boîtier il faut passer par un site internet nécessitant un login/mot de passe mais en plus la moindre modification genre le SSID du wifi nécessite un redémarrage du boîtier. Et je ne parle même pas de la procédure de hard reboot nécessaire ne serait-ce que pour activer le téléphone: ll faut redémarrer le boîtier 5 fois en débranchant l'alimentation pendant que le petit chenillard sur le boîtier chenille. Je ne sais pas ce que les ingénieurs chez Free avaient fumé ce jour là, mais cela me semble furieusement illégal.

Bref, non seulement le modem/routeur Free a l'interface la plus pourrie de tous les FAI mais en plus il n'a absolument pas le comportement normal attendu d'un modem/routeur normal. Pour tout dire, par défaut ni le mode routeur, ni le mode wifi ne sont activés. Cela surprend quand c'est le comportement que l'on attend de l'objet. C'est beau d'avoir les options les plus geekies mais à un moment il faudrait penser à assurer le minimum.

Tous les routeurs du monde s'accèdent par une interface locale,192.168.0.1 chez Netgear, 192.168.1.1 chez Orange et neuf (tous deux ont une base SAGEM). On pourrait imaginer un petit raffinement sympathique du genre le modem sert de proxy DNS et permet de servir des noms du genre http://neufbox/, voir fin du fin, le support du protocole zeroconf/Bonjour.

Tous les routeurs que j'ai put tester viennent avec le pare-feu activé par défaut et bloquent toutes les connections entrantes tout en prenant en charge l'UPnP pour permettre aux applications de négocier les ports d'écoute. On peut regretter toutefois qu'ils ne prennent pas en charge un mode proxy chargé de faire du filtrage parental ce qui permettrait FAI de répondre à leurs obligations légales sans avoir à installer un logiciel sur postes clients. Mais bon ça, cela sera le sujet d'un billet plus tard.

Par contre que cela soit chez Free ou chez Neuf (je n'ai pas trouvé l'option dans l'aide Orange), le partage de fichier et d'imprimante est une horreur. Le partage de fichiers se fait via FTP. Pourquoi ne pas avoir utilisé le protocole CIFS comme tout le monde? Sachant que tous ces firmware sont basés sur Linux, embarquer Samba ne devrait pas poser de problèmes. En plus en implémentant une base d'utilisateurs, ont pourrait mettre en place des fonctionnalités intéressantes comme le proxy ci-dessus, ou de multiples lignes téléphoniques avec un centrex IP, ou un domaine d'authentification pour les réseaux de PME, ... Pour le partage d'imprimante je ne l'ai testé que chez moi sur ma neufbox, mais pour résumer je n'ai pas réussi à l'utiliser. Et pourtant il s'agit d'une imprimante Laser que j'utilise sous Linux depuis 5 ans.

La télé

La partie télé est certainement le point fort de Free et là où ils ont le plus innové. Orange est totalement disqualifiée dans ce domaine. Neuf généralement suit au bout de 6 mois. Alors que Neuf et Orange nécessitent une liaison filaire entre le modem et le boîtier télé, Free gère le transfert via le wifi ou des modules CPL. Cela évite de voir des cables se balader partout. N'ayant cependant pas une totale confiance dans le CPL, je trouve dommage que Free ait abandonner le Wifi dans les Freebox de dernières génération.

Par contre pour le reste, le design laisse sérieusement à désirer. Même sur un écran HD avec une liaison HDMI, les interfaces sont loin d'être agréables à l'oeil. La palme revenant à Free dont l'écran d'accueil ressemble plus au projet de première année d'un étudiant qu'au service fournit par une entreprise. Ce n'est pas comme si l'on avait pas de bons exemples ou des solutions open source.

Les télécommandes sont des monstres de complexités nécessitant ne serait-ce que n boutons pour accéder aux divers menu (un pour le menu principal, un pour les univers qui servent à je ne sais quoi, un pour la liste des programmes, un pour le guide, un autre d'information). Apple a pourtant montré ce que l'on peut faire avec 6 boutons. Sans aller à un tel extrême, on voit tout de suite que les personnes qui ont conçus ces systèmes sont passées à côté du concept de média center. Ne parlons pas de leur efficacité. Il est parfois nécessaire que je m'excite sur les boutons de ma télécommande Neuf pour que le boîtier daigne sortir d'hibernation ou accéder à un menu.

Les boitiers eux-mêmes ont des performances déplorables. Je que l'on utilise un processeur embarqué, mais quand on appel une interface genre le guide des programmes, on ne devrait jamais se retrouver avec l'ancien écran toujours fonctionnel sans messages pendant que le truc turbine. Surtout quand il faut appuyer sur le même bouton pour quitter le guide des programmes. S'il y a un temps de chargement, on affiche le nouvel écran avec un petit qui clignote mettant en valeur le fait que la machine turbine.

Aucun de ces boîtiers n'offre de réel effet de levier au fait qu'ils sont connectés au net ou qu'ils utilisent des protocoles numériques. Ils pourraient fonctionner sur le Minitel que cela ne changerait pas grand chose.

  • Aucun moyen de programmer à distance le magnétosocope intégré. Pour un scenario du genre, merde je rentrerais plus tard du boulot ce soir, je ne veux pas rater ma série fétiche, vite on programme le magnéto, c'est raté.
  • Lors de la diffusion d'une émission, il y a nécessairement des variations dans le timing du fait des aléas de la production dans la journée. Pourtant l'enregistrement se fait toujours sur des horaires précis et non sur la réelle diffusion de l'émission. Heureusement que le boîtier est au moins capable de trouver tout seul l'heure sur le net.
  • Impossible de louer directement sur le net les films en VOD. Il faut se taper une interface style sms pour pouvoir lancer des recherches dans le catalogue qui est lui même une véritable plaie à parcourir. Même pas un système d'accès rapide avec un numéro attribué au film que l'on pourrait saisir au clavier numérique. Bon en même temps, comme le catalogue n'est pas disponible sur le net, cela ne change pas grand chose.

L'offre et le service client

Tous les fournisseurs sauf Orange (qui pense encore que traire au maximum ses clients est une bonne chose) se sont alignés sur l'offre de base 30€/mois et le maximum de débit que l'on peut raisonnablement offrir.

Pour la télévision mis à part les chaînes TNT et les bouquets satellites, dans l'ensemble celles offertes gratuitement n'ont que peu d'intérêt et sont toutes les mêmes. Y'a vraiement des gens pour regarder KTO? J'ai même failli passer de chez Neuf à Free quand ces ######## m'ont virer Manga de l'offre gratuite, c'était pour moi le seul point discriminant sur ce sujet par rapport à Free.

L'offre VOD est l'exemple le plus éclatant de l'affrontement entre plusieurs intérêts qui au final ne fait qu'emmerder le client. Entre les tripotées d'ayants droits ne comprenant pas l'intérêt de diffuser leurs films, les cinémas et canal+ s'accrochant à la chronologie de diffusion comme des berniques à un rocher et les différentes plates-formes disposant de contrats d'exclusivité autant dire que c'est le bazard le plus complet. Pas étonnant que les catalogues soient si pauvres.

Je me contrefous de savoir que mes films viennent de M6, TF1 Vision, Glowria, ... Je ne veux pas avoir à faire 3 recherche pour éventuellement avec un peu d'espoir trouver mon bonheur. Neuf semble l'avoir compris. En tant que client, je veux tous les films maintenant sur une seule interface. Même les dernières sorties parce que franchement me taper 10 bornes et 9€ pour aller voir un film cela me broute royalement.

On peut imaginer une offre du genre:

  • 8-9€ pour les nouvelles sorties pendant 6 mois, bref le prix d'une place de ciné.
  • 4-5€ (3,99-4,99€ aujourd'hui) pour les bon films, ou les plus récents.
  • 1-2€ pour les autres films.

Mais bon quand on a déjà des problèmes pour pouvoir accéder aux derniers films sortis en DVD, il ne faut pas trop rêver.

Conclusion

Tous les FAI sont à des années lumières de l'intérêt de leurs clients, parfois pour des raisons extérieures, mais souvent à cause de leurs propres incompétences.

  • Neuf sont les moins mauvais et c'est ce qui justifie que je reste chez eux.
  • France Telecom n'a toujours pas compris c'est quoi Internet.
  • Free devrait investir dans des livres de design.
  • Le autres ne font pas le poids

Mais par pitié qu'ils fassent tous chauffer leur navigateur et téléchargent des logiciels open source mieux conçus pour tourner leurs boîtiers ADSL & TV.

lundi 18 février 2008

Production Agile

Un essai intéressant faisant le parallèle entre le système de production Toyota ou Lean Manifacturing et les méthodes agiles.

  • Eliminination des déchets => Toute tâche ne tendant pas vers le produit final est inutile (documentations trop détaillées réunions à n'en plus finir, ...)
  • Minimisation de l'inventaire => Rien ne sert de prévoir du boulot pour les 5 prochaines années quand on ne sait pas ce qui se passera dans 3 mois.
  • Maximisation du flot => Système de développement itératif produisant rapidement un résultat mesurable et surtout testable.
  • Partir de la demande => Rien ne sert de prévoir toutes les fonctionnalités de l'univers. Faire juste ce que le client final veut. On peut toujours rajouter derrière si le système est correctement conçu.
  • Donner le pouvoir aux travailleurs => Ce sont les développeurs qui ont la vrai expérience du développement alors autant leur laisser les détails. L'architecte logiciel doit juste se contenter de fournir une vision d'ensemble et s'assurer que toutes les parties de l'ensemble se connectent entre elles sans problèmes.
  • Répondre aux besoins du client => De toute façon ils changeront en cours de route. Alors autant faire en sorte que le système dans une bonne mesure s'adaptera toujours aux besoins du client.
  • Réussir du premier coups => Celle-la est plus subtil et va avec la précédente. Il faut faire dès le début un système correctement architecturé qui s'adaptera afin de permettre un cycle continu d'amélioration à partir de cette base.
  • Supprimer les optimisations locales => Ce qui est important c'est la performance globale et non d'une sous partie.
  • Eviter les conflits clients/fournisseurs => On est tous dans le même bateau alors autant faire en sorte que cela se passe bien et personne n'essaye d'entuber l'autre.
  • Toujours s'améliorer => tester, tester, tester , j'ai déjà dis tester? et surtour, ensuite corriger!

jeudi 31 janvier 2008

Et la réponse est ...

A ma question d'hier quelques réponses:

  1. La reconstitution des faits
  2. Un aperçu du niveau de pauvritude des procédures de sécurité dans les banques.
  3. Et ce n'est pas mieux sur les marchés. Apparemment, sur le marché des futures, tout se fait à la Papa via le mail et le fax. Pourquoi pas les signaux de fumées tant qu'ils y sont.

En gros, pour volatiliser 5 G€, il suffit de traffiquer un fichier excel. C'est très rassurant sur la sécurité de pognon confié aux banques.

mercredi 30 janvier 2008

La question à 5 milliards

La question à 5 milliards d'€ que je me pose depuis qu'un trader de la Société Générale a explosé tous les records historiques d'arnaques bancaires:

Mais comment a-t'il put planquer ses transactions?

Imaginons un système bancaires Grozouf&Co avec plusieurs applications respectant les règles de la comptabilité à la papa:

  • BC, gère les transferts avec la banque centrale.
  • TR, gère disons le trading des arbitrages, au hasard.
  • CC, gère les comptes courants.

A tout moment la somme du solde créditeur et débiteur des applications doit être égal à 0, typiquement:

  • BC: -1000
  • TR: +500
  • CC: +500
  • Total: 0

C'est le principe de base de la compatbilité. Ainsi, même si les TR et CC gèrent des ensemble de clients différents, on peut toujours contrôler les mouvements de fonds réels.

D'après les analyses de l'escroqueries, Jérôme Kerviel aurait inséré des clients fictifs dans le système de contrôle. Oui mais se pose alors la question de savoir d'où vient le fric du client. Imaginons pour notre application de trading un portefeuil de clients suivant:

  • Client 1: +100
  • Client 2: +200
  • Client 3: +200
  • Total: +500

On reste bien cohérent par rapport aux chiffres conservés dans le système de comptabilité de Grozouf&Co. Mais si on introduit un client fictif F, là se pose un problème, on a alors:

  • Client 1: +100
  • Client 2: +200
  • Client 3: +200
  • Client F: +100
  • Total: +600

Et du coup dans le solde courant on a:

  • BC: -1000
  • TR: +600
  • CC: +500
  • Total: +100 => Et là c'est le drame! On vient de se faire choper. D'ailleurs c'est un peu le but de ce genre de système. C'est simple et imparable. Une analyse des logs permettant du coup de rapidement identifier le coupable et le virer promptement.

Différentes hypothèses se pose pour planquer ce compte client à la vigilence de l'arithmétique. On peut éventuellement considéré que l'on garde un solde à 0 pour notre client fictif, mais du coup toutes les transactions de notre trader fou vont laisser une grosse trainée rougâtre dans les comptes du système de trading. Cela manque sérieusement de discression.

On peut éventuellement dire que le pognon vient d'un compte client du coup on a:

  • BC: -1000
  • TR: +600
  • CC: +400
  • Total: 0 => Banco! Mais quand un mec va voir dans son relevé de gros prélèvements, de sérieuses questions vont être posées à la banque et par transitivité à notre escroc.

Au final le pogon peut venir d'un compte extérieur ce qui donne:

  • BC: -1100
  • TR: +600
  • CC: +500
  • Total: 0 => Youpi ya! Sauf que notre banque centrale elle aussi garde une compatbilité et que le -1100 de Grozouf&Co doivent correspondre à un +1100 chez la banque centrale. Donc à moins que notre banque ne fasse pas la correlation entre ses données et celles de la banque centrale, la fraude saute immédiatement aux yeux.

Bref au final je n'arrive toujours pas à voir comment la SocGen a put passer à côté du truc s'ils appliquent les règles de base de l'arithmétique. Du coup, je pense que es systèmes de trading ont été conçus pour laisser une certaine marge de créativité comptable et que cela vient d'exploser à la figure de la SocGen à cause d'un pauvre type complètement compléxé.

dimanche 20 janvier 2008

Pour faire suite

Une excellente interview d'un manager de Hedge Fund sur le crash des subprimes. On y retrouve tous les ingrédients de la crise vus de l'intérieur.

  • Des inverstisseurs manquants de perspective à tous les niveaux.
  • Une déresponsabilisation des acteurs.
  • Une déconnection de la réalité.
  • Un cercle vicieux entrainant le manège plus en avant dans le désastre.

Le fait intéressant dans cette crise que met en avant l'auteur, c'est l'inversion du flot de la demande et l'effet d'appel qui en a résulté. D'habitude c'est la demande pour des prêts qui amène à leur financement par des fonds propres où des moyens financiers adhoc. Ici c'est la demande pour des investissements triple-A qui a poussé à l'octroi de prêts à des personnes qui n'auraient jamais du en voir la couleur.

vendredi 18 janvier 2008

Crise des subprimes

Une excellente explication graphique de la crise des subrimes sur le site de la BBC. Avec tous les facteurs illustrés:

  • Le changement de modèle de prêt avec l'externalisation du risque par les banques
  • La goinfrerie des investisseurs
  • La déresponsabilisation totale de tous les acteurs
  • L'embrigadement de clients qui n'auraient jamais du emprunter
  • Le marché immobilier totalement affolé

Un must read comme il disait.

Nuages d'orage

Alors que l'informatique on the cloud est à la mode, quelques problèmes émergent. Notamment quand votre hébergeur part en live.

Avant quand il y avait des problèmes avec la prod, on pouvait virer les coupables ou les bboucs émissaires au choix. Mais maintenant, quand on veut changer d'hébergeur, on arrive tout de suite à des questions existentielles. Si la migration des machines virtuelles ne pose normallement pas de problèmes, il en en va tout autrement des dépendances à des services spécifiques. Toutes les applications qui se basent sur des services fournis par l'hébergeur (Stockage, E-mail, Queuing, DB, ...) se retrouvent pieds et poings liées. Les seuls alternatives qui se posent sont alors:

  • Garder la dépendance et consommer de la bande passante et du temps de latence pour communiquer entre le nouvel et l'ancien hébergeur.
  • Trouver le même service chez le nouvel hébergeur et adapter son application.
  • Tout prendre en charge soit même.

Bref cela va coûter un max et dans les deux derniers cas se pose la question de récupérer les données et les migrer. C'est déjà pas la joie quand tout est chez soi alors quand les données se trouvent à l'autre bout de la planète on vire à la tragédie grec.

Et je n'aborde même pas la question de la fiabilité de l'hébergeur. Des sociétés comme Joyent ou Gandi sont de petites structures qui même si elles font des bénéfices, restent à la merci d'un coup dur. Amazon bien que donnant l'impression de force reste une société à la santé financière fragile avec beaucoup de rouge dans son bilan.

Dans In Search of Stupdity un chapitre détaille l'échec du marché des ASP dans les années 2000. Fondamentalement rien n'a changé depuis qui permette de plus faire confiance à ces acteurs aujourd'hui qu'hier.

Pour moi, le marché du SaaS reste encore profondément immature:

  • Il manque des acteurs sérieux avec des reins d'acier (ce qui exclut Amazon) et une neutralité sans ambiguité (ce qui exclue Google).
  • Il manque la même sécurité sur la pérennité des informations que l'on peut avoir avec une infrastructure exploitée en propre.

Inversement je pense que l'on va s'orienter à l'avenir vers un mix des deux univers:

  • Pour les besoins nouveaux ou ponctuels (startup, amateurs, évenementiels, ...) des machines virtuelles hébergées.
  • Pour des besoins plus établis (grosses entreprises, sites définitifs) des pools de ressources physiques virtualisées hébergées en propre dans des Datacenter.

Ce qui ouvre un marché pour des solutions facilement administrable et pouvant aisément monter en charge (Serveur+Stockage+Administration). Pour l'instant on en est encore loin, la seule offre viable que je vois c'est chez Apple avec un mix Xserver, Mac OS X et XSan. Mais le marché ne semble pas les intéresser. Windows et Linux (même les distributions professionnelles) sont totalement inutilisables à la sortie de la boîte. Je le sais, pour la platefrome de dévveloppement mon projet j'administre 6 serveurs Suse 10 Enterprise Server et 2 Windows 2003 et on risque d'en rajouter 6 autres.

  • Pas d'outils de monitoring configuré et utilisable dès le premier boot comme on peut l'avoir sur Leopard Server.
  • Pas d'outils de mise en réseaux livrés de base (Exemple un Annuaire et surtout son interface).
  • Le déploiement en masse d'applications est à travailler même si le système de packaging des distributions Linux donne l'avantage à ces dernières.
  • Le stockage est à la ramasse totale si on a pas une infrastructure déjà installée.

Que de perte de temps à chaque fois pour des questions qui pourtant se posent depuis la nuit des temps.

Bref j'attends encore de voir l'offre constructeur qui livre:

  • Des serveurs d'exécution (genre 1U, bi-pro, plein de mémoire).
  • Des serveurs de stockage blocks (moulte disques-durs) afin de tailler des disques virtuels pour les VM et les bases de données.
  • Des serveurs de stockage fichiers pour partager des fichiers.
  • Pour l'administration et le déploiement des softs, un outils genre 3Tera serait le top du top. Les éditeurs n'auraient plus qu'à livrer un plugin pour la console d'administration et des images pour les machines virtuelles.

Le tout se mettant automatiquement en pools virtualisés. La seule action de la part des sysadmins étant de brancher les bécannes dans les armoires. Du coup, là on aurait réellement un système d'information agile.

On s'y dirige petit à petit mais beaucoup trop lentement à mon goût.

Confession

Je dois confesser un péché. J'ai cracké, je suis passé du côté obscure.

Ma trajectoire niveau OS a été sans compter tous ceux que j'ai put manipuler porfessionnellement (True64, Solaris, NetBSD, AIX):

  1. Windows 3.1
  2. Windows 95
  3. Windows 98
  4. Windows Me (viré au bout d'une semaine, la pire daubasse que je n'ai jamais vu)
  5. Windows 98 & Linux
  6. Linux
  7. Linux & Windows XP Pro
  8. Linux

Au final je vais faire:

  • Linux pour mes fixes
  • Mac OS X pour mon portable.

Moralité de l'histoire après toutes ces années et de nombreux essais, si Linux s'installe relativement bien sur un PC fixe et répond à tous mes besoins, c'est toujours autant la cata sur un portable. Mon ancien portable un Inspiron 8100 de 2001 a du voir une dizaine de version de Linux (je passe sur Windows et d'autres trucs plus exotique comme QNX). Aucune n'a parfaitement marché. Le pire étant qu'à chaque upgrade si un problème était résolu, un truc qui marchait jusque là, se retrouvait inexpliquablement à partir en Live.

Au final, parce que j'ai autre chose à faire de mes soirées j'ai décidé d'acheter chez Apple car ce sont les seuls à proposer facilement un Unix installé et certifié sur un portable.

Il existe chez les autres constructeurs des portables Linux mais:

  • Pour Dell il faudrait offrir autre chose que la conf pathétique qu'ils proposent.
  • Pour HP le processus d'achat est totalement à revoir. Depuis le temps ils auraient dut monter une boutique en ligne.

Au final il n'est pas étonnant que parmis les professionnels de l'informatique (les pragmatiques, pas les geek) les portable Apple soient ceux qui se vendent le mieux.

samedi 5 janvier 2008

Mesure et efficacité en politique et ailleurs

Gloire à notre vénéré leader, l'efficacité de nos chers ministres va être mesurée. Bon au delà de l'effet d'annonce bling bling[1] se pose quelques problèmes. Le genre de problèmes habituels quand il s'agit de mesurer une performance et d'en déduire une information valide et utile. Joel Spolsky a déjà développé le sujet, mais je vais le reprendre en français pour être plus claire.

Quand on pose une métrique, on doit s'intéroger sur un certain nombre de questions (les usuals suspects qui, quoi, quand, comment, pourquoi, ...):

  • Qu'est-ce que l'on mesure?
  • Comment le mesure-t-on?
  • Quel est le domaine de définition et d'application?
  • Que traduit la mesure?
  • ...

Pour cela on va prendre la métrique la plus pathologique de l'action politique, à savoir le nombre d'expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Je ne vais pas faire dans la politique pour dire c'est bien ou c'est mal. Là n'est pas mon propos.

Première question: le quoi

Que mesure-t'on ici? a priori la réponse est simple, le nombre de pauvre bougre que l'on a foutu à la porte du pays. Oui mais encore précisément sur quels chiffres s'appuit-on?

  • Le nombre d'arrêtés de reconduite à la frontière exécutés et/ou non?
  • Doit-on y inclure ceux litigieux et/ou ayant été annulés par un tribunal?
  • Le nombre de personnes exilées par avion, bateau, train ou trotinette?
  • Cela inclut-il les personnes ayant utilisées le programme de départ fortement incitévolontaire?
  • etc.

Bref, mesurer quelque chose nécessite de d'abord bien délimiter le problème pour pouvoir ensuite bien définir la métrique. Mais on bon on peut faire confiance à notre administration pour ne pas se vautrer dans le mélange des genres.

Tu la vois ma métrique?

Bon maintenant qu'on a (hypothétiquement) une mesure correct du nombre de clandestinos virés à coups de pompe dans le cul, se pose la seconde question: Au fait? pourquoi se fait-on chier à mesurer celà? Ben oui, ce n'est pas tout de dépenser l'argent du contribuable mais encore faut-il le justifier. (Quoi, je suis naif moi?). Enfin bref. Parce que l'on a fait du bon boulot au point précédent on sait que notre glorieuse administration a réussi à virer disons 19368 personnes de sexe masculin, féminin ou en cours de transition. Mais qu'est ce que cela traduit dans la réalité?

Comme toute bonne mesure il faut un point de comparaison sinon elle ne sert à rien. On pourrait éventuellement la comparer à la même mesure de l'année précédente mais pour cela il faudrait encore que la métrique et son domaine de définition n'ait pas changé entre-temps. Avec un gouvernement victime d'un mouvement brownien permanent ce n'est pas garanti.

C'est moi qui ais la plus grande

Ensuite une fois un point de comparaison établi, il faut encore interpréter la mesure. Après nos deux sections précédentes nous avons une mesure fiable et une évolution, allez soyons fous +10%. C'est bien joli tout cela mais dans la réalité cela traduit quoi?

  • Un surcroit d'activité de la police?
  • Une augmentation de la productivité de l'ubërpoulaga?
  • Une plus grand nombre de clandestins présents sur le territoire?
  • Une baisse de la capacité de survie en milieu hostile d'iceux?
  • Une baisse de motivations de leurs avocats?

Là on tombe franchement dans le politique le plus pur. Dans la réalité cette mesure est destinée à évaluer l'atteinte d'un objectif de reconduite à la frontière fixé on ne sait pas trop comment, probablement en fonction de l'age du capitaine. Au vue des informations actuelles dans la presse il s'agit d'une métrique bêtement stupide destinée à faire du chiffre. La comparer à quoi que ce soit serait au mieux une preuve de stupidité malsaine.

Et le monsieur il propose quoi?

Dans l'idéal, pour bien évaluer une politique migratoire il faudrait réussir à mesurer le nombre d'entrée. Pas facile dans la mesure où la population cible est par définition cachée. Mais bon faisons comme si nous avions une politique claire et nette obligeant les personnes voulant s'établir sur le territoire franzousiche à se déclarer au près d'une administration.

Par corrolaire on peut découper cette population en sous ensemble:

  • Personnes pouvant rester.
  • Personnes devant partir.
  • Personnes devant partir mais inexpulsables pour une raison x, y ou z.

En se concentrant sur la deuxième catégorie, notre métrique du nombre d'expulsés prend tout son sens puisqu'elle permet de mesurer l'efficacité du gouvernement à reconduire ces personnes à la porte du pays. Surtout si l'on se base sur un chiffre aussi infalsifiable que le nombre de personne réellement déportées[2]. Elle peut même être comparée dans le temps en valeur relative pour mesurer les évolutions de cette politique.

Conclusion

Mesurer une performance est quelque chose de très difficile à ne pas laisser dans les mains de têtes de noeuds. Il faut bien définir le but, le quoi et le comment de la mesure sinon tous nos efforts ne servent à rien. Les hommes politiques sur ce point devraient beaucoup plus s'inspirer des méthodes scientifiques.

Notes

[1] Au fait, suis-je le seul à trouver bizarre que le gouvernement soit obligé pour faire celà d'engager une société de conseil privée? N'y a-t'il donc pas quelques hauts ou bas fonctionnaires capables de faire ce boulot? surtout au TJM qu'ils doivent facturer.

[2] Admis ici, dans son sens original d'exil.

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