Alors que l'informatique on the cloud
est à la mode, quelques
problèmes émergent. Notamment quand votre hébergeur part en live.
Avant quand il y avait des problèmes avec la prod, on pouvait virer les
coupables ou les bboucs émissaires au choix. Mais maintenant, quand on veut
changer d'hébergeur, on arrive tout de suite à des questions existentielles. Si
la migration des machines virtuelles ne pose normallement pas de problèmes, il
en en va tout autrement des dépendances à des services spécifiques. Toutes les
applications qui se basent sur des services fournis par l'hébergeur (Stockage,
E-mail, Queuing, DB, ...) se retrouvent pieds et poings liées. Les seuls
alternatives qui se posent sont alors:
- Garder la dépendance et consommer de la bande passante et du temps de
latence pour communiquer entre le nouvel et l'ancien hébergeur.
- Trouver le même service chez le nouvel hébergeur et adapter son
application.
- Tout prendre en charge soit même.
Bref cela va coûter un max et dans les deux derniers cas se pose la question
de récupérer les données et les migrer. C'est déjà pas la joie quand tout est
chez soi alors quand les données se trouvent à l'autre bout de la planète on
vire à la tragédie grec.
Et je n'aborde même pas la question de la fiabilité de l'hébergeur. Des
sociétés comme Joyent ou
Gandi sont de petites
structures qui même si elles font des bénéfices, restent à la merci d'un coup
dur. Amazon bien que
donnant l'impression de force reste une société à la santé financière fragile avec beaucoup de rouge dans son bilan.
Dans In Search of Stupdity
un chapitre détaille l'échec du
marché des ASP dans les années 2000. Fondamentalement rien n'a changé depuis
qui permette de plus faire confiance à ces acteurs aujourd'hui qu'hier.
Pour moi, le marché du SaaS reste encore profondément immature:
- Il manque des acteurs sérieux avec des reins d'acier (ce qui exclut Amazon)
et une neutralité sans ambiguité (ce qui exclue Google).
- Il manque la même sécurité sur la pérennité des informations que l'on peut
avoir avec une infrastructure exploitée en propre.
Inversement je pense que l'on va s'orienter à l'avenir vers un mix des deux
univers:
- Pour les besoins nouveaux ou ponctuels (startup, amateurs, évenementiels,
...) des machines virtuelles hébergées.
- Pour des besoins plus établis (grosses entreprises, sites définitifs) des
pools de ressources physiques virtualisées hébergées en propre dans des
Datacenter.
Ce qui ouvre un marché pour des solutions facilement administrable et
pouvant aisément monter en charge (Serveur+Stockage+Administration). Pour
l'instant on en est encore loin, la seule offre viable que je vois c'est chez
Apple avec un mix Xserver, Mac OS X et XSan. Mais le marché ne semble pas les
intéresser. Windows et Linux (même les distributions professionnelles) sont
totalement inutilisables à la sortie de la boîte. Je le sais, pour la
platefrome de dévveloppement mon projet j'administre 6 serveurs Suse 10
Enterprise Server
et 2 Windows 2003
et on risque d'en rajouter 6
autres.
- Pas d'outils de monitoring configuré et utilisable dès le premier boot
comme on peut l'avoir sur Leopard Server.
- Pas d'outils de mise en réseaux livrés de base (Exemple un Annuaire
et surtout son interface).
- Le déploiement en masse d'applications est à travailler même si le système
de packaging des distributions Linux donne l'avantage à ces dernières.
- Le stockage est à la ramasse totale si on a pas une infrastructure déjà
installée.
Que de perte de temps à chaque fois pour des questions qui pourtant se
posent depuis la nuit des temps.
Bref j'attends encore de voir l'offre constructeur qui livre:
- Des serveurs d'exécution (genre 1U, bi-pro, plein de mémoire).
- Des serveurs de stockage blocks (moulte disques-durs) afin de tailler des
disques virtuels pour les VM et les bases de données.
- Des serveurs de stockage fichiers pour partager des fichiers.
- Pour l'administration et le déploiement des softs, un outils genre 3Tera serait le top du top. Les
éditeurs n'auraient plus qu'à livrer un plugin pour la console d'administration
et des images pour les machines virtuelles.
Le tout se mettant automatiquement en pools virtualisés. La seule action de
la part des sysadmins étant de brancher les bécannes dans les armoires. Du
coup, là on aurait réellement un système d'information agile.
On s'y dirige petit à petit mais beaucoup trop lentement à mon goût.