Ces temps-ci je suis chez un client qui s'est lancé dans une refonte complète de son SI autour de l'architecture SOA. Jusque là, pourquoi pas me direz-vous. Donc, cette vénérable société, anciennement monopole public, décide d'utiliser toute la gamme d'IBM en la matière, à savoir:
- WebSphere Application Server (WAS) comme serveur d'application J2EE.
- WebSphere Process Server (WPS) comme ESB.
- WebSphere Portal (WP) comme portail.
- WebSphere Service Registry & Repository (WSRR) comme ... truc inutile que personne ne sait à quoi cela sert.
- WebSphere DataPower (DP) comme appliance de sécurité.
Je passe sur le coût en matière de licences de tout le bouzin sachant qu'on parle quand même de 750 serveurs au total.
Le premier signe d'emmerde a été quand les têtes pensantes du projet se sont tâté la nouille pour savoir si oui ou non ils allaient utiliser les fameux DPs à 30000€ l'unité (32 boîtiers achetés, faîtes le calcul) pour filtrer tout ce qui arrive sur l'ESB. Au final ils se décident quand même pour les utiliser parce que faut pas déconner quand on paye un truc aussi cher vaut mieux montrer au boss qu'on le rentabilise.
La dessus, pour connecter tout les satellites à leur ESB, ils décident
d'utiliser le bus de messagerie interne à WAS, qui est à la base de toute la
plateforme, le si bien nommé System Integration Bus
ou SIBus, au lieu de
passer par les DPs qui sont pourtant là pour cela. Et paf le chien! Parce que
voyez vous ma bonne Simmone, le SIBus pour y connecter des systèmes WAS
externes, ce n'est déjà pas une partie de plaisir, mais alors pour y brancher
du WebLogi, du WebMethode, du SAP ou n'importe quoi d'autre, on se prépare des
nuits blanches, des nervous breakdowns
comme dirait le sieur
Wolfoni.
Je veux bien comprendre que pour découpler les systèmes, on veuille utiliser un protocole asynchrone, ce qui en soit, est une bonne pratique. Mais alors on utilise un truc qui est compris par tout le monde! Et on ne contourne pas le point de sécurité en prime!
Ce qui m'amène au produit que nous fournit Big Blue pour cela. Le couteaux Suisse du MOM, le joker de l'intégration, le stakhanoviste de la messagerie, j'ai nommé WebSphere MQ ex MQSeries. Ce si noble et si souvent décrié produit est quand même l'un des rares logiciels que l'on peut utiliser pour intégrer n'importe quoi avec n'importe quoi.
Mais voilà, WMQ est vieux, plus personne ne le connait, cher, pas à la mode. Certes, mais à tout cela je répondrai, WMQ tourne tranquillement dans son coin sans planter tous les 4 matins, il est simple, il supporte des charges impressionnantes et son prix est vite amorti en emmerdes évitées. Mais oui, peu de monde le maîtrise car c'est un logiciel tellement robuste que les types qui l'ont mis en place se sont barrés depuis longtemps lorsqu'il tombe enfin en panne et qu'alors il faut faire venir en urgence des consultants hors de prix parce que personne n'a maintenu la connaissance.
En conclusion, avant de réinventer la fusée Saturn V, les jeunes architectes feraient mieux d'apprendre à utiliser les vieilleries qui ont fait leur preuves. Parce que j'en connaît qui vont en chier à 2 heures du matin lorsque tout le bastringue va partir en vrille.


