Dans les arguments pour la mort d'Harry Potter nous avons les déclarations de l'auteur:

A en croire JK Rowling, il n'est pas exclu qu'elle tue Harry Potter dans le dernier opus de la série à paraître l'année prochaine:

Je peux tout à fait comprendre l'état d'esprit d'un auteur qui pense : je vais le tuer, parce que ça veut dire que quelqu'un d'autre ne va pas se mettre à écrire une suite, dit-elle. Comme ça, l'histoire se terminera avec moi, et quand je serai morte et enterrée, on ne pourra plus tenter de faire revivre mon personnage.

Dans la même interview elle avoue que 2 personnages principaux vont mourrir dans ce livre. Le dernier chapitre ayant été écrit en 1990, l'auteur à toujours su comment aller se terminer la série. En tuant le professeur Dumbledore dans le 6ième opus, JK Rowling avait déjà montré son peu d'empressement à respecter le genre de la litterature enfantine. La série a virée de plus en plus vers la tagédie depuis l'opus 4 avec des romans de plus en plus sombres. Ainsi pour le dernier opus, on va avoir le droit à un véritable bain de sang:

Un personnage est en sursis, explique-t-elle. Mais je dois dire que deux vont mourir. Il fallait payer un prix, nous avons ici affaire au Mal absolu. Ce ne sont pas des personnages secondaires qui sont visés. Ce sont des personnages principaux qui sont attaqués.

A la fin du tome 5 quand Harry apprend la prophétie, le professeur Dumbledore lui montre en quoi le combat final avec Voldemort est inéluctable. Harry comprend que quoi qu'il arrive il faudra entrer dans l'arène. Mais à la différence de Voldemort il sait que lui y rentre la tête haute en regardant le destin droit dans les yeux et que cela constitue sa force. De même à la fin du tome 6 lors de l'enterrement de Dumbledore, il prend conscience qu'il est désormais seul face au destin. Il décide alors de faire face et de marcher droit vers lui quoiqu'il lui en coûte.

On peut ainsi rapprocher ces éléments avec la tirade du coeur dans Antigone de Jean Anouilh:

LE CHOEUR. Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul. C’est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d’honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop qu’on se pose un soir... C’est tout. Après, on n’a plus qu’à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence au commencement quand les deux amants sont nus l’un en face de l’autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur – et on dirait un film dont le son s’est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n’est qu’une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu de son silence...
C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr... Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d’espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur le dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, – pas à gémir, non, pas se plaindre, – à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu’on espère en sortir. C’est ignoble, c’est utilitaire. Là, c’est gratuit. C’est pour les rois. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin !

Dans les arguments du contre, il y a le point soulevé par Le Monde dans son article sur le sujet, il est très difficile pour un auteur de tuer un personnage populaire. Ainsi Sir Arthur Conan Doyle en tuant Sherlock Holmes dans Le dernier problème a causé un véritable tollé et même des grêves dans les usines britanniques. Il a dut le réssusciter dans la maison vide et rempiler pour 33 autres volumes. De même les personnages ne meurent pas avec leur auteurs comme le montre la collaboration de dessinateurs modernes autour de nouvelles BD de Spirou & Fantasio.

De plus, au vu des enjeux économiques, il n'est pas certain que l'éditeur (Bloomsberry) et le studio (Warner Bros.) qui profitent d'Harry Potter ne l'entendent de cette oreille. On n'a jamais vu des entreprises enterrer une vache à lait. Reste à savoir si le contrat qui lie JK Rowling à Bloomsberry lui permet de tuer facilement Harry Potter.

Je dirais finalement que Harry Potter a 50% de chances de mourrir à la fin du 7ième tome, vu que l'auteur est britanique, connait ses classiques littéraires et ne se sent pas dans l'obligation de terminer par un Happy End, cette mort est tout à fait probable. Reste à déterminer la morale de l'histoire pour en faire une bonne tragédie. Par contre au vu des enjeux économiques et de la passion autour du personnage, il risque d'être difficile de faire la peau au jeune sorcier.

Alors les paris sont ouvert! Qui va mourrir dans le 7ième et dernier tome de la série? est-ce que Harry va se marrier, avoir beaucoup d'enfants,vivre heureux et tutti quanti? Ou alors va-t-il décédé dans une mort spéctaculairement apocalyptique?