Life & IT Alignement

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mercredi 14 février 2007

DRM de merde Bis Repetitae

Et voilà, depuis le temps que cela trainait, Les protection sdes disques HD-DVD et Bluray ont été définitivement cassées.

Contrairement au crack précédent qui utilise la mémoire non protégée d'un logiciel de lecture pour retrouver la clef de décryptage des disques, il semblerait que la nouvelle faille permette ce coup ci de retrouver directement la clef. On peut donc féliciter nos petits génies des majors qui après de nombreuses années d'efforts pour tenter de mettre en place un système de protection inviolable voient le tout se volatiliser en quelques semaines.

Quand on vous dit que les DRMs sont de la merde. Même Steve Jobs reconnait que cela ne peut pas marcher.

mardi 13 février 2007

Schneier on Vista

Bruce Schneier se fend d'un billet sur Windows Vista et résume très bien pourquoi je ne compte pas utiliser ce système d'exploitation si ce n'est pour des tests ou des raisons professionnelles.

Windows Vista dépense une quantité d'énergie totalement indécente à empêcher l'utilisateur de se servir normalement ce son ordinateur via son système de protection des DRMs et ce en pur perte.

mercredi 7 février 2007

Apple et les DRMs

La grande nouvelle du jour est un communiqué officiel d'Apple clarifiant sa position sur les DRMs. Et pas n'importe quel communiqué, un essai complet par Son Altesse Sérinissime Steve Jobs Himself. Un texte à lire absolument.

Sans blabla ni chichis commerciaux, Steve Jobs adresse toutes les questions liées aux DRMs:

  • Pourquoi? parce que le gang des 4 (Universal, Sony BMG, Emi, Warner) l'a imposé pour mettre à disposition leurs titres.
  • Comment? en jouant au chat et à la souris avec les hackers dans un jeu sans fin. Steve Jobs reconnait l'absolue futilité de ce jeu et l'impossibilité d'implémenter un système parfait.
  • L'intéropérabilité? Impossible. Cela nécessite de révèler à des tierces parties les secrets de Fair Play le système de DRMs d'Apple. Cela implique à plus ou moins brèves échances que ces secrets seront dévoilés. Hors Apple est contractuellement obligée de corriger toute faille en quelque semaines. Ce qui est déjà suffisament compliqué pour une seule société devient quasiment impossible en impliquant de multiples acteurs. D'ailleurs Steve Jobs souligne que Microsoft a abandonné ce modèle.
  • L'avenir? Supprimer les DRMs, rien que moins que cela. Tout le monde se sentirait mieux sans.

Chapeau bas et vivement qu'il soit entendu par l'autre bord.

vendredi 26 janvier 2007

Va falloir me revoir cela

PCImpact a testé pour nous le service de téléchargement de DVD de Canal Play. Apparement il y a encore du boulot.

  • Vidéo de qualité limitée.
  • Contenue limité au strict minimum.
  • Offre plutôt mesquine.
  • Tarifs prohibitifs.
  • Forte limitation des DRMs.

C'est pas demain la veille que je vais avoir mon service de VOD rêvé.

jeudi 25 janvier 2007

DRM de merde

Bon ben c'est confirmé, les DRMs sont définitivement de la merde après HD-DVD c'est au tour des protections de Bluray de se faire éparpiller façon puzzle. Et cerise sur le gateau, par le même Cracker muslix64 que pour le HD-DVD.

Quand on vous dit que les DRMs sont de la merde. Pendant ce temps, certains ont du mal avec la réalité.

mardi 16 janvier 2007

On y arrive

Donc Virgin Média décide de se passer de DRM. Bien, on avance dans la bonne direction, parce qu'aujourd'hui, pour un utilisateur lambda, le téléchargement légal c'est un peu la croix et la banière et ce malgrès les affirmations contraire de notre cher ministre de la culture ou des majors. C'est un le triomphe du client roi contre le modèle du client pigeon.

Mais bon, ne nous rejouissons pas trop vite, il y a encore du chemin de la coupe aux lèvres. Vivement que les projets de vidéos haute définition à la demande arrivent et si possible avec une disponibilité immédiate des films, à un tarif raisonnable. Ce n'est pas un problème de technologie, on a déjà des protocoles de téléchargement ultra rapides et des formats de vidéo adéquates. C'est essentiellement un problème de politique et de frilosité des majors.

Mon service de rêve:

  1. Vidéo haute définition histoire de profiter de mon écran de télé HD.
  2. Vidéo fournie en VF ou VOSTF.
  3. Qualité de l'image et du son. Si la qualité est pourrie autant télécharger sur emule au moins c'est gratuit.
  4. Tarif raisonable. 5€4,99€ sur canalplay pour 48H de location pour des films déjà rentabilisés, cela me laisse sur ma faim.
  5. Un débit de téléchargement raisonnable.
  6. Pas besoin de logiciels autres que ceux que l'on peut trouver sur n'importe quelle plateforme correcte.

J'en ais rêvé mais personne ne l'a encore fait ...

mercredi 27 décembre 2006

Windows est mort, Vive Windows

Apparement 6 vulnérabilités ont été trouvées dans Windows Vista alors que cela ne fait qu'un mois que cet OS est officiellement sorti. Le fait qu'il y ait des failles dans Vista ne m'étonne pas. Après tout, vu que tout a été recodé depuis le début, il est normal que l'on trouve des bugs. Et comme Vista a un peu été livré à l'arrache, je m'attends même à voir défiler les rapports de sécurités en 2008. Pour moi ce logiciel ne sera stabilisé au mieux qu'à partir du patch 2. L'institut Forrester conseille même d'attendre 12 à 18 mois avant d'installer Vista.

L'impact de Vista

Comme le disait l'article de Peter Gutmann dont je parlais hier, les développeurs ont passé plus de temps à développer des anti-fonctionnalités afin de satisfaire Hollywood plutôt qu'à travailler sur le système et sa stabilité. Au point que la lecture de fichiers multimédia est totalement buggée. Comme le disait Peter Gutmann dans son Executive Executive Summary cela pourrait constituer le suicide de Vista. Car l'impact des systèmes de protection implémentés dans Vista est énorme. Que cela soit sur le système, les logiciels, ou les périphériques, on va assister à de nombreux dégats collatéraux volontaires ou non et à un sérieux renchérissement des PCs.

Le matériel va coûter plus cher car nécessitera des composants de sécurité supplémentaires et toute l'architecture des périphériques devra être revue. Du coup, les logiciels et les drivers vont être beaucoup plus compliqués à développer et à maintenir pour répondre aux exigences de sécurités de l'industrie des Médias. L'impact de ces mesures sur les performances du système est lui aussi non négligeable puisque des ressources doivent être détournées pour pouvoir chiffrer les flux entre périphériques et/ou logiciels. Enfin la compatibilité entre les matériels et les possibilités d'évolutions se retrouvent fortement réduites du fait des mesures destinées à garantir l'intégritité de la chaîne de protection des DRMs.

Du point de vue fonctionnel, les mesures de protection de Vista peuvent avoir des effets indésirables, puisque si un fichier premium content, en clair, de la vidéo haute définition ou de la musique est lu, toutes les sorties non sécurisées (ou plutôt non protégé contre les vilains méchants clients pirates) du PC doivent être dégradées ou désactivées. Tout les matériels non compatibles Vista, même les plus couteux doit donc être balancés à la benne sous peine de ne pas pouvoir servir les contenus protégés. De toute façon il y a peu de chance qu'ils aient un driver approuvé Vista. Pire pour des applications comme l'imagerie médicale, cas qui intéresse Peter Gutmann, la dégradation de la qualité de l'image est quelque chose d'absolument impensable puisque cela peut avoir un impact vital.

Sur ce sujet, l'étude de Peter Gutmann vaut vraiement le détour. Avec Vista, toute l'industrie du PC va devoir s'adapter aux diktats d'Hollywood avec des conséquences incalculables à commencer sur le portefeuille du client.

Le client est roi.

Ce qui amène à se poser la question de savoir qui est le client véritable de Microsoft. Quand on voit les efforts de Microsoft pour lutter contre ses clients (ceux qui paye la licence de Vista) pour les empêcher d'utiliser le produit qu'ils ont payé comme bon leur semble on peut se poser des questions. Si l'on se fie à l'intérêt porté à la protection des contenus multimédia contre l'utilisateur, on peut en déduire que pour Microsoft, le client réel est Hollywood. Comme Patrick Le Lay, Bill Gates cherche essentiellement à vendre du temps de cerveau humain disponible. Mais contrairement à TF1, Microsoft a réussi le Miracle de non seulement taxer le producteur de contenu via sa plateforme de DRMs mais en plus à tondre le client final via le coût des licences.

Comme l'a analysé Louis Naugès, Sachant qu'une licence Windows Vista coutera 200$ pour arrondir et que Microsoft revendique pour chaque dollar engrangé en licence 13$ dépensés en services associés (installation, migration, formation, etc.), on ne parle plus de business mais d'arnaque à grande échelle avec un coût de migration qui monte à 2600$. Non seulement Microsoft vend un produit non finalisé à un coût total prohibitif, mais en plus ce produit est essentiellement destiné à contraindre l'utilisateur à faire ce que d'autre ont décidé pour lui.

Cela me rappel la carricature de licence que l'on peut lire dans De bons présages par Terry Pratchet et Neil Gaiman qui donne à peu près ceci.

Si le produit protégé par cette licence n'est pas inclus dans son emballage, ne fait pas ce qu'une dispendieuse publicité a laissé croire qu'il faisait ou blesse quelqu'un dans le voisinage, la responsabilité de l'éditeur ne saurait en aucune façon être engagée de quelque manière que ce soit. Toute tentative de considérer le présent produit comme votre propriété attirera irrémédiablement l'attention de messieurs très sérieux avec des attachés case en cuir et des montres extra plates.

Une occasion manquée.

Globalement, Windows Vista aura été pour moi une magnifique occasion gachée par Microsoft. En réecrivant totalement son système d'exploitation, la firme de Seattle avait l'occasion de se débarasser definitivement de toutes les questions de compatibilités ascendantes qui l'encombrait depuis des années. Vista était l'occasion de repartir sur des bases saines en tirant les leçons des erreurs passées et reprenant le meilleur de tous les systèmes d'exploitations actuels. Un forme de compatbilité aurait put être maintenue via des émulateurs comme l'a fait Apple avec les migrations Système 9/Mac OS X et PowerPC/Intel.

Mais en voulant jouer au Big Bang avec Vista alors qu'ils n'avaient jamais réellement développé d'OS depuis le début (DOS a été racheté par Microsoft et la branche des noyaux NT a été construite par dessus les débris de la coopération avec IBM autour d'OS/2), Microsoft a surtout produit du vaporware et un système sous-optimal avec plusieurs années de retard et le sacrifice de nombreuses fonctionnalités. Le seul avantage que Microsoft a dans la bataille des systèmes d'exploitation est sa base installée et le fait qu'il est très peu probable qu'Apple licencie un jour à des tiers Mac OS X.

Ce que l'on demande d'un système d'exploitation est de faire cohabiter sur un ordinateur divers logiciels pour différents types d'utilisateurs et d'usages sans que cela prête à conséquence. Pas d'essayer à tout prix de controller les usages qui sont fait de la machine. C'est ce qu'à compris Apple quand ils ont basé Mac OS X sur un coeur BSD. En utilisant un système Unix comme base, ils ont récupéré toute une logithèque éprouvée et puissante conçue par et pour des développeurs. En l'associant avec un système d'interface graphique élégant et intuitif, ils ont mis cette puissance dans les mains de l'utilisateur. C'est la combinaison de la philosphie du monde Unix et du monde Mac qui donne le succès de la plateforme Mac OS X grâce à la fusion du meilleur de la technique et du meilleur de l'expérience utilisateur, Apple a permis aux utilisateurs tant débutants que confirmés de tire le meilleur parti de leur ordinateur.

Conclusion

Il y a 2 semaines, Bill Gates a tenu une conférence avec un panel de blogeur. Il fut assez vexé de voir que tous sans exception étaient équipés d'un portable Apple et avaient mis en place un réseau Wifi ad hoc via Airport. La même mésaventure était arrivé Marc Hurd le PDG d'HP qui avait constaté que quasiment tout les attachés de presse d'une conférence avaient un Mac. Le problème n'était pas les portable HP qui sont plutôt de bonne qualité mais le fait qu'ils soient irrémédiablement livrés avec Windows XP qui manque sérieusement de Sex Apeal face à un Mac OS X.

Comme le rappel constament le blog Roughly Drafted, la force d'Apple qui est essentiellement un vendeur de matériel informatique comme HP est justement le système d'exploitation de ses PCs. Apple livre du matériel haut de gamme lui permettant de faire des marges confortables et en plus, a le bon goût de fournir un système d'exploitation et des logiciels permetant à l'utilisateur de tirer le meilleur parti de son matériel. Face à cela, tout le reste de l'industrie informatique se bat comme des chiffoniers pour fournir des PCs au prix du déchet électronique sans aucun facteur différenciant puisqu'ils sont tous couplés avec Windows. Et ce ne sont pas les quelques logiciels pathétiques livrés avec les PCs qui changeront quoique ce soit.

Finalement, l'industrie informatique s'est retrouvé intricablement lié à Microsoft pour le meilleur et pour le pire. Et l'arrivée de Vista est accompagnée du pire en la personne du système de protection des premium content. On n'a pas finit de constater les dégats collatéraux que va causer cette alliance contre nature entre Microsoft et Hollywood.

mardi 26 décembre 2006

Vista du point de vue du client

Peter Gutmann publie une analyse du coût du système de protection de Windows Vista. Je la trouve terrifiante.

Du fait des demandes véhémentes de l'industrie des médias, on cours droit vers de sérieux ennuis:

  1. La compatibilité entre les différents équipements est soumise au bon vouloir du système HDCP. S'il n'aime pas un de vos périphériques, au mieux, on pourra voir les contenus HD en qualité dégradée, au pire pas du tout. C'est top quand on s'est offert un écran FullHD à 4000€.
  2. Tous les flux sont cryptés à tous les niveaux. Donc soit le PC et ses composants sont équipés de processeurs spécialisés coutant masse grozouf. Soit on sacrifie les perfs. C'est les gamers qui vont être contents.
  3. Le développement des périphériques et de leur drivers est rendu beaucoup plus difficile par les specs de Vista. Bug mon ami, où es-tu?

Mais le pire dans cette histoire, c'est que cela va impacter tout les OS puisque les fabricants ne vont pas sortir des périphériques spécifiques non-windows.

Bon ben moi je retourne me prendre une cuite histoire d'oublier tout cela. Joyeux Noël quand même.

vendredi 15 décembre 2006

Bill a dit ...

Il semblerait que Bill Gates soit comme tout le monde et pense que les DRMs sont de la merde. Sont conseil:

Les gens devraient juste acheter le CD et le transformer en mp3.

Encore un grand moment d'honnêteté comme quand ce cher Patrick Le Lay avouait candidement ne pas regarder la télé poubelle qu'il nous sert et qu'à la base son boulot c'est de vendre du temps de cerveau humain disponible à Coca Cola.

Simple question Bill, si tu pense que les DRMs sont pourris, pourquoi nous emmerder avec? mmmmhhhh???

mardi 31 octobre 2006

Dématérialisation totale de la diffusion des oeuvres numériques

Il y a quelques temps, Louis Naugès avait commis une série d'articles sur la diffusion des oeuvres multimédia et leur dématérialisation totale:

  1. épisode 1 ou comment Blu-Ray et HD-DVD sont devenus obsolètes avant même leur sortie.
  2. épisode 2 ou pourquoi les supports physiques vont disparaître.
  3. épisode 3 ou comment le marché se bouge.

Dans l'ensemble M. Naugès fait preuve de son indefectible optimisme dans les technologies et la bontée humaine que je ne partage pas nécessairement, mais bon on va mettre cela sur ma misanthropie naturelle. Mais plus sérieusement, dans une optique de dématérialisation totale de la diffusion des oeuvres multimédias, se pose un certain nombre de problèmes que je vais détailler par la suite:

  • La bonne volonté des ayants droits des oeuvres.
  • Une véritable chaîne de diffusion à valeur ajoutée.
  • Les barrières psychologiques chez le client.

Par la suite, je parlerai généralement de l'industrie du disque, mais mon propos s'applique également à toute autre forme d'oeuvres multimédia.

De l'offre et de la demande

Première difficulté de la diffusion dématérialisée: pour qu'il y ait un marché, il faut une offre et une demande. Pour la demande il n'y a pas de problèmes, il n'y a qu'à voir le succès des réseaux P2P. Le blocage vient plutôt l'offre. Il n'est pas peu dire que les maisons de disques mettent de la mauvaise volonté à entrer sur le marché de la diffusion dématérialisée. Normal, leur métier est de vendre des disques.

Alors que les technologies existent depuis des années on ne voit apparaître que depuis récemment des offres de téléchargement légal. Pire la pluspart de ces offres se basent sur des technologies dépassées (Streaming) ou inutiles (DRM) afin d'empêcher le vilain client de faire ce que bon lui semble avec la musique qu'il a acheté comme en faire plusieurs copies pour chez lui, sa voiture, son épou(x|se), l'Ipod des enfants, le chient, le chat et le poisson rouge. Faut pas déconner, ce n'est pas parce qu'il a payé qu'il doit se sentir libre de faire ce qu'il lui plait.

Mise à part iTunes, les solutions proposées, sont de piètre qualité à des tarifs indécent. Il s'agit plus de manoeuvres rétrogrades d'une industrie qui marche à reculons vers l'avenir que d'un réel engagement au service du client. Cette immobilisme eput s'expliquer par plusieurs facteurs:

  • Incompétence manifeste et délictueuse des dirigeants des entreprises du disque. Il y a beaucoup à dire sur le sujet, mais je dépasserai du cadre de ce billet.
  • Peur de la contrefaçon. Mais comme le souligne Louis Naugès: Les “majors” sont traumatisés par les fameuses copies pirates qui circulent sur Internet. Ils oublient trop vite que le piratage n’a pas attendu Internet. Il y a toujours eu, il y aura toujours un marché parallèle où se vendent des CD ou DVD illégaux.
  • Peur de concurrents plus intelligents (suivez mon regard vers Cupertino). Le libre commerce n'est accepté par ses turifaires qu'à partir du moment où ils sont en position de force.
  • Toujours les mêmes schémas mentaux de prendre les client pour des pigeons (le terme technique est consomateur) qui devraient se sentir honorés de donner leur argent dans les poches des maisons de disques. Il voudrait pas en plus qu'on leur donne quelque chose en contre partie ces cons. Il faut arrêter de croire au père noël.

On peut donc tirer notre chapeaux à des entreprises comme Apple, MySpace ou Lulu qui cherchent à innover et à permettre la diffusion des oeuvres numériques aux plus grands nombres dans le respect des artistes et des clients. Et peut aussi féliciter les prises de positions courageuses de Yahoo Music et de Fnac Music contre les systèmes de DRMs. Quand tout le monde sera aussi lucide, on aura fait un grand pas en avant.

La guerre des formats

Deuxième problème de la dématérialisation de l'offre des oeuvres numériques, le format des fichiers.

Au bon vieux temps du CD audio, vous preniez votre onde sonore en entrée, vous mesuriez son amplitude 44100 fois par secondes sur les 2 canaux stéréos avec une précision de 2 octets et vous fourriez le tout dans un tableau. Voili voilou vous aviez un joli CD. Pas question de DRMs ou autre fariboles, n'importe qui ayant sous la main les spécification de la norme CD audio (5000$ la version papier quand même) pouvait utiliser ce format.

Aujourd'hui chaque constructeur/éditeur tente de tirer la couverture à lui dans une série de batailles dignes d'une cour de récréation:

  • HD-DVD vs. Blu-Ray.
  • AAC vs. WMA vs. MP3 vs. OGG vs. tous les autres que j'oublie.
  • AVI vs. MP4 vs. WMV vs. ...

Bref, toute cette affaire vire au joyeux bordel. Microsoft a même lancé son propre format d'images considérant que les normes JPEG universellement comprises par tous n'étaient pas assez bien pour eux. Evidèment tout ce petit monde fait tout ce qui est en son pouvoir pour pourrir la vie de ses concurrents en refusant de fournir des licences pour leurs technologies ou en affichants des tarifs prohibitifs. Il n'y a que la commission européenne pour croire au joies de la concurrences.

Du coup tout le monde est incompatible avec tout le monde et le marché qui pourrait être florissant sinon est totalement plombé par la mauvaise volonté des uns et des autres. C'est un peu la tactique de la terre brulée version Hiroshima. A mon avis c'est là qu'il va faloir faire le plus de ménage.

La qualité des contenus

La grande question est ensuite la qualité des contenus. Ici, la distribution entièrement dématérialisée pourrait faire des miracles. N'étant plus limitée par la capacité de stockage du support, il devient facile de distribuer des contenus en haute définition (HD). A mon avis Ushuaïa en HD sur écran géant, cela doit péter le feu de dieu. Il faudra juste trouver un moyen de bailloner Nicolas Hulot.

C'est ici qu'une solution payante de téléchargement prend tout son sens et sa valeur ajoutée, parce que franchement, les Divx ou les MP3 que l'on trouve sur les réseaux P2P, du point de la qualité de son ou d'image, c'est une catastrophe absolue. Et je ne parles même pas du nombre de fois où vous vous faîtes refiler un film porno chinois sous-titré en bélouchistanais oriental.

Bref quand les majors Hollywoddiennes ce seront aperçues qu'elles peuvent distribuer à peu de frais des films de qualité optimale et quand elles arrêteront de prendre leurs clients pour les dindons de la farce, on aura fait un grand pas en avant. A ce sujet, une solution intéressante est le logiciel Democracy TV qui associe RSS et Bittorent pour diffuser des films à peu de frais. Il y a, à mon avis, un concept à creuser de ce côté là.

Client mon ami

Le dernier problème est à mon avis le client final en lui même. Pour que la dématérialisation totale marche, il faut résoudre encore quelques difficultées avec le dernier maillon de la chaîne.

Tout d'abord, le client peut avoir des réticences à ne plus disposer d'objets physiques à manipuler et à stocker. Personnellement, je suis un véritable fétichiste du livre, alors avant de me faire lacher mes bouquins en papier, il va falloir me passer sur le corps. Lulu a trouvé, je pense, un bon filon en permettant le téléchargement des oeuvres et pour ceux qui le désirent une rematérialisation sous forme de disque, livre ou poster.

Il se pose aussi la question de la connection Internet. Seulement 50% des français ont un accès haut débit. Aux Etats-Unis le marché du haut-débit est carrément sinistré par la voracité et la prévarication des opérateurs. Là où l'on dispose de 20Mbits/s en France pour 30€/mois, aux States les clients ont plutôt du 1 voir 2Mbits/s pour 50$/mois.

Ensuite, il faut pouvoir lire les fichiers téléchargés. Il faut donc des périphériques pratiques et ergonomiques, fonctionnant correctement offline et sans alimentation électrique pendant une durée descente. Pour la musique, des solutions correctes existent avec l'Ipod et compagnie. Pour les films le résultat est plus mitigé. Enfin pour les livres on nage en plein désert. Sony semblait bien partie avec son lecteur à encre électronique, mais il est plombé par un format propriétaire (cf. ce que je disais plus haut sur le sujet) et ne semble pas vouloir sortir du marché japonais.

Enfin se pose la question de la sécurité des fichiers stockés. Un éclair qui touche une ligne électrique a peu de chances de faire brûler ma collection de CD. Par contre pour mon disque dur, je ne serais pas aussi optimiste. On se retrouve donc avec le problème de sauvegarder ses données et/ou de pouvoir les récupérer après coup. Ce qui nécessite des clients un peu plus avertis du point de vue technique ou des fournisseurs de contenus en qui on puisse avoir confiance. Quand on voit que Windows Vista ne pourra être réinstallé qu'une et une seule fois, j'émets des doutes sur la durée de vie des oeuvres dématérialisés.

Conclusion

Finalement, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que les oeuvres numériques puissent être totalement dématérialisées.

  1. Les fournisseurs manquent de maturité.
  2. Les canaux de diffusion manquent de maturité.
  3. Les clients manquent de maturité.

Cependant des sociétés comme Apple, Google, Yahoo font beaucoup pour remédier à cette situation et je pense que d'ici 5 ans on aura un marché acceptable du point de vue de la ménagère de moins de 50 ans.

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