Life & IT Alignement

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 26 janvier 2007

Va falloir me revoir cela

PCImpact a testé pour nous le service de téléchargement de DVD de Canal Play. Apparement il y a encore du boulot.

  • Vidéo de qualité limitée.
  • Contenue limité au strict minimum.
  • Offre plutôt mesquine.
  • Tarifs prohibitifs.
  • Forte limitation des DRMs.

C'est pas demain la veille que je vais avoir mon service de VOD rêvé.

mardi 31 octobre 2006

Dématérialisation totale de la diffusion des oeuvres numériques

Il y a quelques temps, Louis Naugès avait commis une série d'articles sur la diffusion des oeuvres multimédia et leur dématérialisation totale:

  1. épisode 1 ou comment Blu-Ray et HD-DVD sont devenus obsolètes avant même leur sortie.
  2. épisode 2 ou pourquoi les supports physiques vont disparaître.
  3. épisode 3 ou comment le marché se bouge.

Dans l'ensemble M. Naugès fait preuve de son indefectible optimisme dans les technologies et la bontée humaine que je ne partage pas nécessairement, mais bon on va mettre cela sur ma misanthropie naturelle. Mais plus sérieusement, dans une optique de dématérialisation totale de la diffusion des oeuvres multimédias, se pose un certain nombre de problèmes que je vais détailler par la suite:

  • La bonne volonté des ayants droits des oeuvres.
  • Une véritable chaîne de diffusion à valeur ajoutée.
  • Les barrières psychologiques chez le client.

Par la suite, je parlerai généralement de l'industrie du disque, mais mon propos s'applique également à toute autre forme d'oeuvres multimédia.

De l'offre et de la demande

Première difficulté de la diffusion dématérialisée: pour qu'il y ait un marché, il faut une offre et une demande. Pour la demande il n'y a pas de problèmes, il n'y a qu'à voir le succès des réseaux P2P. Le blocage vient plutôt l'offre. Il n'est pas peu dire que les maisons de disques mettent de la mauvaise volonté à entrer sur le marché de la diffusion dématérialisée. Normal, leur métier est de vendre des disques.

Alors que les technologies existent depuis des années on ne voit apparaître que depuis récemment des offres de téléchargement légal. Pire la pluspart de ces offres se basent sur des technologies dépassées (Streaming) ou inutiles (DRM) afin d'empêcher le vilain client de faire ce que bon lui semble avec la musique qu'il a acheté comme en faire plusieurs copies pour chez lui, sa voiture, son épou(x|se), l'Ipod des enfants, le chient, le chat et le poisson rouge. Faut pas déconner, ce n'est pas parce qu'il a payé qu'il doit se sentir libre de faire ce qu'il lui plait.

Mise à part iTunes, les solutions proposées, sont de piètre qualité à des tarifs indécent. Il s'agit plus de manoeuvres rétrogrades d'une industrie qui marche à reculons vers l'avenir que d'un réel engagement au service du client. Cette immobilisme eput s'expliquer par plusieurs facteurs:

  • Incompétence manifeste et délictueuse des dirigeants des entreprises du disque. Il y a beaucoup à dire sur le sujet, mais je dépasserai du cadre de ce billet.
  • Peur de la contrefaçon. Mais comme le souligne Louis Naugès: Les “majors” sont traumatisés par les fameuses copies pirates qui circulent sur Internet. Ils oublient trop vite que le piratage n’a pas attendu Internet. Il y a toujours eu, il y aura toujours un marché parallèle où se vendent des CD ou DVD illégaux.
  • Peur de concurrents plus intelligents (suivez mon regard vers Cupertino). Le libre commerce n'est accepté par ses turifaires qu'à partir du moment où ils sont en position de force.
  • Toujours les mêmes schémas mentaux de prendre les client pour des pigeons (le terme technique est consomateur) qui devraient se sentir honorés de donner leur argent dans les poches des maisons de disques. Il voudrait pas en plus qu'on leur donne quelque chose en contre partie ces cons. Il faut arrêter de croire au père noël.

On peut donc tirer notre chapeaux à des entreprises comme Apple, MySpace ou Lulu qui cherchent à innover et à permettre la diffusion des oeuvres numériques aux plus grands nombres dans le respect des artistes et des clients. Et peut aussi féliciter les prises de positions courageuses de Yahoo Music et de Fnac Music contre les systèmes de DRMs. Quand tout le monde sera aussi lucide, on aura fait un grand pas en avant.

La guerre des formats

Deuxième problème de la dématérialisation de l'offre des oeuvres numériques, le format des fichiers.

Au bon vieux temps du CD audio, vous preniez votre onde sonore en entrée, vous mesuriez son amplitude 44100 fois par secondes sur les 2 canaux stéréos avec une précision de 2 octets et vous fourriez le tout dans un tableau. Voili voilou vous aviez un joli CD. Pas question de DRMs ou autre fariboles, n'importe qui ayant sous la main les spécification de la norme CD audio (5000$ la version papier quand même) pouvait utiliser ce format.

Aujourd'hui chaque constructeur/éditeur tente de tirer la couverture à lui dans une série de batailles dignes d'une cour de récréation:

  • HD-DVD vs. Blu-Ray.
  • AAC vs. WMA vs. MP3 vs. OGG vs. tous les autres que j'oublie.
  • AVI vs. MP4 vs. WMV vs. ...

Bref, toute cette affaire vire au joyeux bordel. Microsoft a même lancé son propre format d'images considérant que les normes JPEG universellement comprises par tous n'étaient pas assez bien pour eux. Evidèment tout ce petit monde fait tout ce qui est en son pouvoir pour pourrir la vie de ses concurrents en refusant de fournir des licences pour leurs technologies ou en affichants des tarifs prohibitifs. Il n'y a que la commission européenne pour croire au joies de la concurrences.

Du coup tout le monde est incompatible avec tout le monde et le marché qui pourrait être florissant sinon est totalement plombé par la mauvaise volonté des uns et des autres. C'est un peu la tactique de la terre brulée version Hiroshima. A mon avis c'est là qu'il va faloir faire le plus de ménage.

La qualité des contenus

La grande question est ensuite la qualité des contenus. Ici, la distribution entièrement dématérialisée pourrait faire des miracles. N'étant plus limitée par la capacité de stockage du support, il devient facile de distribuer des contenus en haute définition (HD). A mon avis Ushuaïa en HD sur écran géant, cela doit péter le feu de dieu. Il faudra juste trouver un moyen de bailloner Nicolas Hulot.

C'est ici qu'une solution payante de téléchargement prend tout son sens et sa valeur ajoutée, parce que franchement, les Divx ou les MP3 que l'on trouve sur les réseaux P2P, du point de la qualité de son ou d'image, c'est une catastrophe absolue. Et je ne parles même pas du nombre de fois où vous vous faîtes refiler un film porno chinois sous-titré en bélouchistanais oriental.

Bref quand les majors Hollywoddiennes ce seront aperçues qu'elles peuvent distribuer à peu de frais des films de qualité optimale et quand elles arrêteront de prendre leurs clients pour les dindons de la farce, on aura fait un grand pas en avant. A ce sujet, une solution intéressante est le logiciel Democracy TV qui associe RSS et Bittorent pour diffuser des films à peu de frais. Il y a, à mon avis, un concept à creuser de ce côté là.

Client mon ami

Le dernier problème est à mon avis le client final en lui même. Pour que la dématérialisation totale marche, il faut résoudre encore quelques difficultées avec le dernier maillon de la chaîne.

Tout d'abord, le client peut avoir des réticences à ne plus disposer d'objets physiques à manipuler et à stocker. Personnellement, je suis un véritable fétichiste du livre, alors avant de me faire lacher mes bouquins en papier, il va falloir me passer sur le corps. Lulu a trouvé, je pense, un bon filon en permettant le téléchargement des oeuvres et pour ceux qui le désirent une rematérialisation sous forme de disque, livre ou poster.

Il se pose aussi la question de la connection Internet. Seulement 50% des français ont un accès haut débit. Aux Etats-Unis le marché du haut-débit est carrément sinistré par la voracité et la prévarication des opérateurs. Là où l'on dispose de 20Mbits/s en France pour 30€/mois, aux States les clients ont plutôt du 1 voir 2Mbits/s pour 50$/mois.

Ensuite, il faut pouvoir lire les fichiers téléchargés. Il faut donc des périphériques pratiques et ergonomiques, fonctionnant correctement offline et sans alimentation électrique pendant une durée descente. Pour la musique, des solutions correctes existent avec l'Ipod et compagnie. Pour les films le résultat est plus mitigé. Enfin pour les livres on nage en plein désert. Sony semblait bien partie avec son lecteur à encre électronique, mais il est plombé par un format propriétaire (cf. ce que je disais plus haut sur le sujet) et ne semble pas vouloir sortir du marché japonais.

Enfin se pose la question de la sécurité des fichiers stockés. Un éclair qui touche une ligne électrique a peu de chances de faire brûler ma collection de CD. Par contre pour mon disque dur, je ne serais pas aussi optimiste. On se retrouve donc avec le problème de sauvegarder ses données et/ou de pouvoir les récupérer après coup. Ce qui nécessite des clients un peu plus avertis du point de vue technique ou des fournisseurs de contenus en qui on puisse avoir confiance. Quand on voit que Windows Vista ne pourra être réinstallé qu'une et une seule fois, j'émets des doutes sur la durée de vie des oeuvres dématérialisés.

Conclusion

Finalement, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que les oeuvres numériques puissent être totalement dématérialisées.

  1. Les fournisseurs manquent de maturité.
  2. Les canaux de diffusion manquent de maturité.
  3. Les clients manquent de maturité.

Cependant des sociétés comme Apple, Google, Yahoo font beaucoup pour remédier à cette situation et je pense que d'ici 5 ans on aura un marché acceptable du point de vue de la ménagère de moins de 50 ans.

mercredi 9 août 2006

DADVSI commentée et illustrée

Maître Eolas commente la loi DADVSI. Malgrès la longeur, on ne peut que tirer son chapeau devant la performance et la clareté de l'explication. J'ais d'ailleurs bien aimé un passage sur les mesures techniques de protection:

"Art. L. 331-5. - Les mesures techniques efficaces destinées à empêcher ou à limiter les utilisations non autorisées par les titulaires d'un droit d'auteur ou d'un droit voisin du droit d'auteur d'une oeuvre, autre qu'un logiciel, d'une interprétation, d'un phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme sont protégées dans les conditions prévues au présent titre."
(...)
Par exemple, le mot « efficace » pouvait disparaître sans faire vaciller l'édifice. La loi a-t-elle besoin de préciser qu'une mesure technique de protection inefficace ne bénéficie d'aucune protection légale ? Je pense que tout le monde pouvait aisément concevoir qu'une mesure technique inefficace n'est pas, par définition, une mesure technique de protection.

Sachant que les MTP/DRM sont totalement inefficaces par nature, perdront-elle leurs protections légales?

Mais bon cessont de rêver. Si comme le montre l'analyse de Maître Eolas et uniquement d'un point de vue légal, la loi DADVSI n'est pas le monstre ou la catastrophe que clame les parties prenantes, il n'en reste pas moins que d'un point de vue éthique, il y a encore du boulot. On ne le répetera jamais assez, mais les MTP sont inutiles, inefficaces et nuisibles. Les seuls personnes qui vont en souffrir sont les utilisateurs légitimes. Personnellement je ne peux pas lire certains DVDs sur ma vieille platine de Salon à cause de ces mesures. Heureusement il me reste mon PC où ils passent sans problème sous Linux grâce à DeCSS un logiciel qui pourtant risque d'être interdit puisqu'il est destiné à faire sauter une MTP.

Tripatouiller ses fichiers pour virer les Mesures techniques de protection = 3.750 euros d'amende. Diffuser un logiciel le faisant automatiquement : 6 mois et 30.000 euros d'amende.

Et encore, j'ai eu aussi des problèmes avec des DVDs dont les MTPs empéchaient la lecture sur toutes les plateformes, même un lecteur officiel sous Windows (2 dernières scènes sur le DVD de Kill Bill 1). C'est un comble. Pendant ce temps, les experts sont déjà en train de travailler à briser les protections des futures générations de disques et les mafias chinoises et russes continuent de produire des contrefaçons à un rythme industriel et les réseaux P2P continueront à les diffuser sur le net.

Quand il sera plus facile de lire une contrefaçon que l'original, que feront les maisons de disques ou les studios? Les crétins à la cervelle en tofu des maisons de disques qui pensent avoir gagné quelque chose dans l'histoire se mettent le doigt dans l'oeil et profondément. Avec ou sans DADVSI ils restent une bande de dinosaures incapables de s'adapter mettant un temps indécement long à mourir.