Life & IT Alignement

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vendredi 5 janvier 2007

Adoption d'une technologie innovante

Un bon billet sur le processus d'adoption d'une nouvelle technologie. Si le billet se concentre sur les langages de programmation fonctionnelle comme Erlang et Haskell injustement méconnus dans le monde de l'entreprise, il pose quand même les bonnes questions du point de vue générale:

  1. Est-ce que les gains promis sont réels ou c'est un gros coup de pub?
  2. Combien coûte la mise en oeuvre de ce bastrinque?
  3. Est-ce que cela sera toujours disponible pendant la durée de vie du projet?

Mais là où le billet est particulièrement juste, c'est qu'au delà des arguments techniques et finançiers en faveur d'une nouvelle technologie, son adoption dépend essentiellement d'un processus sociologique constistant à convaincre des gens plus ou moins impliqués, compétents et honnêtes:

  1. Chef de projets
  2. Manageurs
  3. Financiers

Et globalement c'est pourquoi des technologies réellement innovantes comme Haskell et Erlang ne sont pas utilisées dans les entreprises.

dimanche 26 novembre 2006

Management vs. technique

Un bon témoignage paru dans Computer World sur l'opposition entre les compétences techniques et manageriales. L'auteur fournit un témoignage intéressant sur son expérience en tant que responsable d'un service informatique et comment l'apprentissage des technologies utilisées dans son métier a amélioré ses perfomances et son appréhension des problématiques en jeu.

Du point de vue du geek moyen, je ne peux qu'applaudir ces personnes sans aucun bagage technique, qui, se retrouvant parachutée dans un service informatique, prennent la peine de combler leurs lacunes. On rencontre trop souvent dans ce métier des Pointy Hair Boss qui cachent leur incompétence derrière le fait que ce n'est pas leur boulot. Qu'ils sont manageuuuuuuuuurs de compétences et des hommes ou autre conneries du genre.

De manière générale, je me demande toujours comment des gens (pourtant intéligents) peuvent sérieusement prétendre diriger d'autres personnes sans connaître ou du moins comprendre leur métier de base. On retrouve ce problème à chaque fois qu'un enarque, un centralien ou tout autre personne du même accabit se retrouve parachuté à la tête d'une organisation. Comment ces gens peuvent-ils diriger des policiers, des informaticiens, des ingénieurs, des médecins, ou tout autre métier fortement spécialisé sans connaître la base du boulot?

L'activité de manager contrairement à ce que pensent ces personnes ne consiste pas à remuer de la paperasse, il y a les systèmes d'information pour cela et au pire ce sont les irremplacables secrétaires qui s'y collent de toute façon. Une entreprise est un regroupement de personnes et de moyens dans le but d'atteindre un objectif. Un manager est donc avant tout un médiateur entre plusieurs groupes et différents intérêts. Il chargé de faire fonctionner une organisation en fonction des contraintes qui l'assujetissent. Comment une personne ne pigeant que dalle au métier de son organisation peut faire valoir les intérêts de celle-ci, prendre des décisions en toute connaissance de cause ou défendre avec le plus grand sérieux ses actes?

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Globalement j'ai l'impression qu'avec l'avènement des écoles de management et autres élevages de nuisibles beaucoup de monde a perdu de vue cette simple vérité. Si tout le monde ne peut pas devenir manager car cela demande de réelles compétences que ce soit du point de vue business ou humain, tout le monde ne peut pas devenir non plus informaticien, médecin, ou professeur, cela se saurait. Pour trouver un bon manager il ne faut pas choisir dans un groupe ou dans un autre mais dans l'intersection de ces 2 groupes.

Cela demande peut-être un peu de recherche mais c'est un faible prix à payer en comparaison d'une personne incompétente dans un sens ou dans un autre, qui fera dépenser des fortunes à son entreprise en prenant des décisions ineptes.

jeudi 7 septembre 2006

La France champione du monde des mauvaises conditions de travail

Si l'on en croit Le Monde et le Global Competitiveness Report 2004, la France se classe 99ième sur 102 pays pour la question du conflit employeur/employé. Seuls le Venezuela, le Nigeria et Trinidad font pire. L'article fait echo à mon billet sur les méthodes de management: les chefs d'entreprises obtiennent des performances économiques à l'image de l'environement de travail de leurs sociétés.

vendredi 25 août 2006

Méthodes de management

Joel Spolsky a écris une série d'articles sur les méthodes de management d'une équipe. Il identifie 3 méthodes principales que l'on retrouve en divers proportions dans le style tout à fait personnel de chaque manager.

(Note: je déteste le mot manager, c'est typiquement une expression laissant croire qu'il existe un métier de manager, ce qui est loin d'être le cas. On ne peut pas se bombarder Manager, c'est une compétence qui se travaille avec l'expérience et tient à la fois du rôle de père, de frère, de grand-père, de conseiller, de gourou, de sergent recruteur selon les besoins et l'humeur. Donc dans la suite par manager je pense à une personne qui doit gérer un groupe. Ce qui dans le monde de l'infomartique, qui m'intêresse, se résume à une bande de gamins avec un age mental moyen négatif)

La méthode militaire

La méthode commander et controller consiste essentiellement à s'assurer une obéissance totale du subordonné par une authorité forte et une grande hierarchisation. Cette méthode se révèle plutôt efficace pour:

  1. Prendre des gens normalement constitués.
  2. Les transformer en un tas de trouffions lobotomisés.
  3. Les trimballer dans des conditions qu'on n'imposerait même pas à des animaux vers des lieux où vous n'iriez pas avec votre petite soeur.
  4. Leur faire faire des activités éminements dangereuses et débiles que tout animal avec un instinct de survie plus gros que celui d'une amibe refuserait de faire.

Si cette méthode se révèle efficace dans le contexte d'une usine avec des méthodes de travail Tayloriennes, dans le monde de l'informatique et en général dans tous les travaux intellectuels c'est une catastrophe:

  1. Généralement les personnes qui ont une profession intellectuelle (je parle ne parle pas ici des boulots pliage de chemises et repassage de cravates) ont aussi une formation universitaire qui s'accompagne le plus souvent une alérgie à toute forme d'autoritarisme. D'où l'expression typique des militaires: putains de gauchistes d'universitaires.
  2. Autant il est difficile de mal visser un écrou, autant pour saboter une tâche intellectuelle comme écrire un programme, il existe une infinité de méthodes. Le manager qui tenterait le passage en force se retrouverait vite à se demander pourquoi sa productivité subie une chute normalement associée avec la trajectoire d'objets balitistiques.

Bref, ce genre de méthode est à exclure si l'on cherche à diriger une bande d'informaticiens qui ont naturellement des tendances anarchistes.

La méthode incitative

La méthode Econ 101 du nom du cours d'introduction à l'économie des universités américaines est basée sur l'incitation finançière des travailleurs. Autant le dire tout de suite aucune personne avec plus de deux grammes de cervelles ne devrait s'amuser à mettre en place ce genre de méthodes. Seul les imbéciles qui n'ont suivi que le cours Econ 101 et qui croient en la beauté absolue du marché libre et dérégulé comme on croit au Père Noël, peuvent penser à réussir à manager une équipe avec cette méthode.

En théorie, dans le monde merveilleux des économistes purs et durs qui ne descendent jamais voir ce qui se passe en ce bas monde horriblement terre à terre, cette méthode est une construction élégante et fonctionnelle. Toute ou partie du salaire du travailleur est indéxée de manière proportionnelle à une métrique de productivité afin de l'inciter à mieux travailler. Notre brave petit GBFFO (Grouillot de Base au fin fond de l'organigrame) se retrouve stimuler par l'appat du gain et donc va redoubler d'ardeur pour satisfaire ses bon maîtres . Cependant dans la réalité, les salariés ont vite fait de trouver une faille dans la métrique et de la retourner contre le système afin de gagner plus tout en travaillant moins. C'est l'ineffabilité de la nature humaine, surtout quand son instinct de prévarication est titillé.

  1. Accordez une prime aux testeurs en fonction du nombre de bugs trouvés et ceux-ci vont se multiplier à une vitesse relativiste. Pas besoin de viagra pour faire se redresser les courbes mollassones.
  2. Accordez une prime aux développeurs inversement proportionelle aux bugs générés et le nombre de bugs corrigés ou acceptés va bizarrement s'écrouler puisque les développeurs refuseront de prendre en compte ceux-ci.
  3. Indexez le salaire du PDG sur le cours en bourse de l'action de l'entreprise, genre en lui fourgant des stock options, est la meilleure méthode pour entrer dans l'histoire au côtés de sociétés comme Enron, Worldcom et Parmalat.
  4. Payez les pompiers au nombre d'interventions comme en Galice et les feux se propageront plus vite que la vérole dans une armée.

Ne jamais se baser sur un vice humain pour mettre en place un système de management. Le diable qui sommeille en chacun se montrera toujours plus malin que vous. (Bon d'accord, le jeu de mot été facile.)

La méthode identitaire

La dernière méthode est à la fois la plus difficile à mettre en oeuvre et la plus efficace. Il s'agit pour le travailleur de s'identifier à son travail ou à son entreprise. Le but est de créer une motivation intrassèque pour venir travailler. Il ne faut pas que le matin en se levant le GBFFO se demande pourquoi il se lève. Il faut que son boulot le force à sauter du lit l'oeil alerte, la truffe humide et la quoeud fretillante (OK peut-être pas ce point là).

Cette méthode est la plus efficace car une fois la motivation établie, les salariés seront plus à même à donner le meilleur d'eux mêmes. De nombreuses méthode permettent d'arriver à ce résultat je citerai en vrac:

  1. Créer un esprit fort autour de la marque ou la société, genre Apple ou Google.
  2. Créer un esprit legio paster nostra ou comme le disait l'entraineur de l'équipe de France: On vit ensemble, On meurt ensemble. C'est souvent l'esprit des startups au début, tout le monde est embarqué dans la même galère. Si on se plante, on se plante ensemble. Si on réussie alors on se fait des couilles en or ensemble. Alors on se la joue Soviet en route vers des lendemains chantants sur fond de l'international de l'innovateur.
  3. Créer un esprit familial ou bande de copains dans l'équipe. c'est la version soft du point ci-dessus et c'est plus facile à mettre en oeuvre dans une grande boite.

Cependant cette méthode est la plus difficile à mettre en oeuvre car elle dépend de l'équilibre de tout un tas de facteurs aléatoires:

  1. On doit se sentir à l'aise au travail et ne pas voir la différence avec sa maison. On évitera les cubicles bruyants et autres joyeusetés du genre.
  2. Le membres de l'équipe doivent être là parce qu'ils aiment leur boulot et non parce qu'il n'y avait pas d'autres options à la fac.
  3. Dans la même veine, une bonne ambiance de travail n'est pas du luxe. On evitera de venir emmerder les développeurs avec les mesquineries des clients ou des fournisseurs, c'est le boulot du manager, les membres de l'équipe doivent avoir tout ce qui leur faut pour travailler en temps et en heure.
  4. Un peu de stabilité cela aide aussi. On ne vient pas foutre le bordel tous les 2 jours dans l'organisation du travail.
  5. Etc .....

Bref cette méthode demande beaucoup de doigté de la part du manager et ne s'apprend pas dans un MBA ou autre connerie du genre.

Conclusion

Dans tous les cas, en créant une motivation sincère de vos salariés, le travail s'en trouvera facilité. Ce n'est pas une condition suffisante pour réussir, mais s'en est certainement une nécessaire. Sinon, si vous bossez dans un environnement Taylorien, genre usine, la méthode militaire peut toujours marcher mais à vos risques et périles.