Apparement 6 vulnérabilités ont été trouvées dans Windows Vista alors
que cela ne fait qu'un mois que cet OS est officiellement sorti. Le fait qu'il
y ait des failles dans Vista ne m'étonne pas. Après tout, vu que tout a été
recodé depuis le début, il est normal que l'on trouve des bugs. Et comme Vista
a un peu été livré à
l'arrache, je m'attends même à voir défiler les rapports de sécurités en
2008. Pour moi ce logiciel ne sera stabilisé au mieux qu'à partir du patch 2.
L'institut Forrester conseille même d'attendre 12 à 18 mois avant d'installer Vista.
L'impact de Vista
Comme le disait l'article de Peter Gutmann dont je parlais hier, les développeurs ont passé plus de temps à développer
des anti-fonctionnalités afin de satisfaire Hollywood plutôt qu'à travailler
sur le système et sa stabilité. Au point que la lecture de fichiers multimédia
est totalement buggée. Comme le disait Peter Gutmann dans son Executive
Executive Summary
cela pourrait constituer le suicide de Vista. Car
l'impact des systèmes de protection implémentés dans Vista est énorme. Que cela
soit sur le système, les logiciels, ou les périphériques, on va assister à de
nombreux dégats collatéraux volontaires ou non et à un sérieux renchérissement
des PCs.
Le matériel va coûter plus cher car nécessitera des composants de sécurité
supplémentaires et toute l'architecture des périphériques devra être revue. Du
coup, les logiciels et les drivers vont être beaucoup plus compliqués à
développer et à maintenir pour répondre aux exigences de sécurités de
l'industrie des Médias. L'impact de ces mesures sur les performances du système
est lui aussi non négligeable puisque des ressources doivent être détournées
pour pouvoir chiffrer les flux entre périphériques et/ou logiciels. Enfin la
compatibilité entre les matériels et les possibilités d'évolutions se
retrouvent fortement réduites du fait des mesures destinées à garantir
l'intégritité de la chaîne de protection des DRMs.
Du point de vue fonctionnel, les mesures de protection de Vista peuvent
avoir des effets indésirables, puisque si un fichier premium content
, en
clair, de la vidéo haute définition ou de la musique est lu, toutes les sorties
non sécurisées (ou plutôt non protégé contre les vilains méchants
clients pirates) du PC doivent être dégradées ou désactivées. Tout
les matériels non compatibles Vista, même les plus couteux doit donc être
balancés à la benne sous peine de ne pas pouvoir servir les contenus protégés.
De toute façon il y a peu de chance qu'ils aient un driver approuvé Vista. Pire
pour des applications comme l'imagerie médicale, cas qui intéresse Peter
Gutmann, la dégradation de la qualité de l'image est quelque chose d'absolument
impensable puisque cela peut avoir un impact vital.
Sur ce sujet, l'étude de Peter Gutmann vaut vraiement le détour. Avec Vista,
toute l'industrie du PC va devoir s'adapter aux diktats d'Hollywood avec des
conséquences incalculables à commencer sur le portefeuille du client.
Le client est roi.
Ce qui amène à se poser la question de savoir qui est le client véritable de
Microsoft. Quand on voit les efforts de Microsoft pour lutter contre ses
clients (ceux qui paye la licence de Vista) pour les empêcher d'utiliser le
produit qu'ils ont payé comme bon leur semble on peut se poser des questions.
Si l'on se fie à l'intérêt porté à la protection des contenus multimédia contre
l'utilisateur, on peut en déduire que pour Microsoft, le client réel est
Hollywood. Comme Patrick Le Lay, Bill Gates cherche essentiellement à vendre du
temps de cerveau humain disponible
. Mais contrairement à TF1, Microsoft
a réussi le Miracle de non seulement taxer le producteur de contenu via sa
plateforme de DRMs mais en plus à tondre le client final via le coût des
licences.
Comme l'a analysé Louis Naugès, Sachant qu'une licence Windows Vista coutera 200$ pour
arrondir et que Microsoft revendique pour chaque dollar engrangé en licence 13$
dépensés en services associés (installation, migration, formation, etc.), on ne
parle plus de business mais d'arnaque à grande échelle avec un coût de
migration qui monte à 2600$. Non seulement Microsoft vend un produit non
finalisé à un coût total prohibitif, mais en plus ce produit est
essentiellement destiné à contraindre l'utilisateur à faire ce que d'autre ont
décidé pour lui.
Cela me rappel la carricature de licence que l'on peut lire dans De
bons présages par Terry Pratchet et Neil Gaiman qui donne à peu près
ceci.
Si le produit protégé par cette licence n'est pas inclus dans son emballage,
ne fait pas ce qu'une dispendieuse publicité a laissé croire qu'il faisait ou
blesse quelqu'un dans le voisinage, la responsabilité de l'éditeur ne saurait
en aucune façon être engagée de quelque manière que ce soit. Toute tentative de
considérer le présent produit comme votre propriété attirera irrémédiablement
l'attention de messieurs très sérieux avec des attachés case en cuir et des
montres extra plates.
Une occasion manquée.
Globalement, Windows Vista aura été pour moi une magnifique occasion gachée
par Microsoft. En réecrivant totalement son système d'exploitation, la firme de
Seattle avait l'occasion de se débarasser definitivement de toutes les questions de
compatibilités ascendantes qui l'encombrait depuis des années. Vista était
l'occasion de repartir sur des bases saines en tirant les leçons des erreurs
passées et reprenant le meilleur de tous les systèmes d'exploitations actuels.
Un forme de compatbilité aurait put être maintenue via des émulateurs comme l'a
fait Apple avec les migrations Système 9/Mac OS X et PowerPC/Intel.
Mais en voulant jouer au Big Bang avec Vista alors qu'ils n'avaient jamais
réellement développé d'OS depuis le début (DOS a été racheté par
Microsoft et la branche des noyaux NT a été construite
par dessus les débris de la coopération avec IBM autour d'OS/2), Microsoft a
surtout produit du vaporware et un système sous-optimal avec plusieurs années de retard
et le sacrifice de nombreuses fonctionnalités. Le seul avantage que Microsoft a
dans la bataille des systèmes d'exploitation est sa base installée et le fait
qu'il est très peu probable qu'Apple licencie un jour à des tiers Mac OS X.
Ce que l'on demande d'un système d'exploitation est de faire cohabiter sur
un ordinateur divers logiciels pour différents types d'utilisateurs et d'usages
sans que cela prête à conséquence. Pas d'essayer à tout prix de controller les
usages qui sont fait de la machine. C'est ce qu'à compris Apple quand ils ont
basé Mac OS X sur un coeur BSD. En utilisant un système Unix comme base, ils ont récupéré toute
une logithèque éprouvée et puissante conçue par et pour des développeurs. En
l'associant avec un système d'interface graphique élégant et intuitif, ils ont
mis cette puissance dans les mains de l'utilisateur. C'est la combinaison de la
philosphie
du monde Unix et du monde Mac qui donne le succès de la plateforme Mac OS X
grâce à la fusion du meilleur de la technique et du meilleur de l'expérience
utilisateur, Apple a permis aux utilisateurs tant débutants que confirmés de
tire le meilleur parti de leur ordinateur.
Conclusion
Il y a 2 semaines, Bill Gates a tenu une conférence avec un panel de blogeur. Il fut assez vexé de
voir que tous sans exception étaient équipés d'un portable Apple et avaient mis
en place un réseau Wifi ad hoc via Airport. La même mésaventure était arrivé
Marc Hurd le PDG d'HP qui avait constaté que quasiment tout les attachés de
presse d'une conférence avaient un Mac. Le problème n'était pas les portable HP
qui sont plutôt de bonne qualité mais le fait qu'ils soient irrémédiablement
livrés avec Windows XP qui manque sérieusement de Sex Apeal face à un Mac OS
X.
Comme le rappel constament le blog
Roughly Drafted, la force d'Apple qui est essentiellement un vendeur de
matériel informatique comme HP est justement le système d'exploitation de ses
PCs. Apple livre du matériel haut de gamme lui permettant de faire des marges
confortables et en plus, a le bon goût de fournir un système d'exploitation et
des logiciels permetant à l'utilisateur de tirer le meilleur parti de son
matériel. Face à cela, tout le reste de l'industrie informatique se bat comme
des chiffoniers pour fournir des PCs au prix du déchet électronique sans aucun
facteur différenciant puisqu'ils sont tous couplés avec Windows. Et ce ne sont
pas les quelques logiciels pathétiques livrés avec les PCs qui changeront
quoique ce soit.
Finalement, l'industrie informatique s'est retrouvé intricablement lié à
Microsoft pour le meilleur et pour le pire. Et l'arrivée de Vista est
accompagnée du pire en la personne du système de protection des premium
content
. On n'a pas finit de constater les dégats collatéraux que va causer
cette alliance contre nature entre Microsoft et Hollywood.