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lundi 30 octobre 2006

Le livre "Getting Real" en libre accès

Je sais que je n'ais pas écris depuis longtemps, mais j'étais comme qui dirait un peu pris. J'ai une de ces liste de billets en retards que s'en est totatelement indécent.

Bonne nouvelle pour tous les afficionados du web 2.0, le livre des petits gars de 37signals, "Getting Real" est désormais disponible gratuitement en ligne.

Pour une petite critique rapide, ce livre illustre parfaitement les concepts de développement de produits webs par des startups:

  1. Faire simple et efficace.
  2. Livrer rapidement et souvent.
  3. Chaque chose en son temps, inutile de se prendre pour le futur Microsoft.
  4. Communiquer avec les clients mais ne pas sombrer dans la larbinerie delictueuse.

Attention, les concepts évoqués, ne s'appliquent pas nécessairement à tous types de projets. Inutile donc de faire des bons de colères quand ces jeunes gens disent que les spécifications fontionnelles ne servent à rien, même si leurs critiques se justifient. Ce livre est pertinent dans un environement de Startup fortement évolutif où vous n'êtes pas sûr d'être encore vivant le mois prochain. Donc même si vouloir implémenter toutes les idées du livre serait suicidaire dans un projet de construction de fusée, tout n'est pas à jeter. 37 signals est l'une des startups de la vague web 2.0 qui a le mieux réussi. Les conseils que prodiguent ses fondateurs valent leur pesant de cacahuètes mais comme tout il ne faut pas les prendre au pieds de la lettre. Le dogmatisme est la pire forme de connerie humaine.

Je tiens à faire remarquer au passage qu'une version papier peu être disponible chez Lulu.com ce qui illustre parfaitement ce que je disais dans un billet précédent sur l'édition à compte d'auteur.

jeudi 3 août 2006

Où fonder son entreprise

Coup sur coup 2 billets intéressants sur le vaste sujet des startups m'ont interpellé cette semaine:

  1. Louis Naugès s'intêresse aux pays potentiellement leaders dans l'innovation.
  2. Guy Kawasaki commente le rapport Doing business in 2006 de la Banque mondiale (cf. pièce jointe).

Ce qui ressort de ces lectures, est que pour pouvoir innover et se développer, une entreprise a besoin:

  • Un environnement économique et politique stable sans grosses contraintes administatives. Il faut par exemple 2 jours en moyenne pour ouvrir une entreprise en Australie, 8 en France et 203 en Haiti. De nombreux Russes fondent des start-ups en Israël ou aux USA mais pas en Russie. Quand on voit ce qu'il est arrivé à Youkos, on ne se demande pas pourquoi.
  • Un bon système éducatif avec des universités de première classe et favorisant l'esprit d'initiative. Le Japon ailliant l'un des système les plus rigide au monde se retrouve avec peu d'innovateurs.
  • Une masse critique d'esprits brillants dans un même lieu. Ce point est d'ailleurs lié au point ci-dessus, les esprits brillants généralement universitaires sont des animaux grégaires et tendent à se regrouper ensemble. La Silicon Valley à proximité de Stanford est la référence en la matière. Bangalore et son IIT en Inde a aussi un grand potentiel.
  • Un environnement financier aidant au lancement de nouvelles entreprises (investissement initial, capital risque, ...). Il est a noter que le financement d'Etat tel que la pseudo Agence pour l'Innovation Industrielle qui n'arrive à financer que des éléphants blancs que lui soumettent de grosses entreprises est totalement inefficace. A mon avis il y a d'ailleurs matière à des poursuites pour détournement de biens publics. A l'inverse on peut souligner l'existence du fond particulièrement efficace In-Q-Tel de la CIA qui finance des entreprises innovantes intêressant la sécurité nationale aux Etats-Unis.

Comme le résume Louis Naugès, ce ne sont pas les grosses entreprises avec des gros projets, de grosses équipes et de gros budgets qui innovent (même si cela flatte l'égo des dirigeants qui sont restés de grands enfants et qui aiment jouer à c'est moi qui a la plus grosse) mais les petites structures avec des petites équipes composées de gens brillants qui réussissent. On peut d'ailleurs à ce sujet se référer aux essais de Paul Graham qui finance le lancement de start-ups par des étudiants lors de leurs stage d'été via son entreprise Y Combinator.

Une chose que certain on d'ailleur du mal à comprndre en France. Il n'est alors pas étonnant que la France n'apparaisse pas dans les 30 premières places du classement de la Banque Mondiale sur les pays où il est bon de monter son entreprise. On est même dépassé par la Lituanie, un ex pays soviétique, la honte! Voici donc quelques idées que je lance pour favoriser l'innovation en France.

De sérieux gains peuvent être obtenus en revoyant de fond en comble les processus de relation entre les entreprises et l'Etat. En simplifiant les procédures et en éléminant tous les archaïsmes on peut déjà faciliter la tâche des entrepreneurs. Des outils en ligne performants peuvent aussi être mise en place pour faciliter ces relations. Par exemple:

  1. Mettre en place un dossier de déclaration en ligne permettant d'obtenir immédiatement les informations nécessaires pour démarrer son activité (SIRET, TVA, code APE, ...) les diverses administrations contactant ensuite l'entrepreneur pour obtenir les différentes pièces légales. On peut même imaginer un partenariat avec les banques pour que réaliser la déclaration en même temps que l'ouverture d'un compte pour l'entreprise.
  2. Mettre en place un service de déclaration des salaires en ligne calculant de lui même les charges sociales et fournissant toutes ces informations aux organismes concernés, l'entreprise récupèrant en retour les détails comptables. On peut même ajouter pour la forme un système d'édition automatique des bulletins de salaires à partir des informations fournies par l'entreprise et des informations calculées par le service. Et cerise sur le gateau, on peut imaginger la mise en place d'un virement automatique du salaire en fonction des données bancaires retenues par la sécurité sociale ou le fisc. Les entreprises n'aurait alors plus qu'à fournir les données brutes, l'Etat se chargant du reste contre une modeste rémunération pour les frais. Le système faciliterait de plus la lutte contre la fraude notament pour la sécurité sociale.

L'Etat étant incapable de voir un projet innovant même si on lui montrait, les organismes tel que l'AII doivent être supprimés. Cependant, pendant leurs 2 premières années d'existence, les entreprises sont très fragiles.Donc pour favoriser le lancement des entreprises, on peut imaginer un système où pendant 2 ans, l'Etat fait crédit des charges sociales à un taux préférentiel et à concurrence de 1 million d'Euros. Pendant 2 ans l'entreprise ne paye que les intérêts sur les sommes empruntées. Ensuite elle rembourse le total comme un prêt normal avec des conditions très avantageuses. L'emprunt est limité à 1 million d'euros pour limiter les abus, ce qui est largement suffisant pour une entreprise innovante qui ne nécessite pas beaucoup de main d'oeuvre afin d'arriver à une stabilitité finançière. Avec les milliards engloutis en pure perte dans l'AII, on pourrait financer des milliers d'entreprises. Ainsi si l'entreprise survit, l'Etat récupère sa mise avec un bénéfice, sinon on passe l'argent par perte et profits.

Enfin, même s'il est impossible de créer ex-nihilo par la volonté du prince une Silicon Valley malgrès des tentatives éhontées de la part de l'Etat ou des collectivités locales, l'Etat a un rôle à jouer en tant qu'aggrégateur et démultiplicateur de moyens. En commançant déjà par remettre d'aplomb le système universitaire français, on satisferait une condition nécessaire pour créer un environnement favorable à l'innovation. Ensuite, autour de ces universités, il faudrait mettre en place de réels réseaux d'investissement (ce qui peut être fait à peu de frais). Cependant ce genre d'initiatives reste à mon avis difficile en France où elles heurtent de plein fouet le Jacobinisme des élites puisqu'il faudrait arrêter de toujours favoriser Paris et commencer à favoriser des villes réellement innovantes tel que Montpellier, Nantes, Grenoble, ... Il faudrait aussi arrêter de financer des pôles de compétences à Bazouiche les près pour le seul bonheur des élus locaux.

Au final, la France a d'énormes gisements d'innovation inexploités, même si cela n'est pas une condition suffisante, il est nécessaire de créer un environnement afin de leur permettre de se développer. Et cela passe par une politique réellement innovante loin de la médiocrité actuelle. ce sera long, cela demandra de l'intelligence mais cela reste possible.