Coup sur coup 2 billets intéressants sur le vaste sujet des startups m'ont
interpellé cette semaine:
- Louis Naugès
s'intêresse aux pays potentiellement leaders dans l'innovation.
- Guy Kawasaki
commente le rapport Doing
business in 2006 de la Banque mondiale (cf. pièce jointe).
Ce qui ressort de ces lectures, est que pour pouvoir innover et se
développer, une entreprise a besoin:
- Un environnement économique et politique stable sans grosses contraintes
administatives. Il faut par exemple 2 jours en moyenne pour ouvrir une
entreprise en Australie, 8 en France et 203 en Haiti. De nombreux Russes
fondent des start-ups en Israël ou aux USA mais pas en Russie. Quand on voit ce
qu'il est arrivé à Youkos, on ne se demande pas pourquoi.
- Un bon système éducatif avec des universités de première classe et
favorisant l'esprit d'initiative. Le Japon ailliant l'un des système les plus
rigide au monde se retrouve avec peu d'innovateurs.
- Une masse critique d'esprits brillants dans un même lieu. Ce point est
d'ailleurs lié au point ci-dessus, les esprits brillants généralement
universitaires sont des animaux grégaires et tendent à se regrouper ensemble.
La Silicon Valley à proximité de Stanford est la référence en la matière.
Bangalore et son IIT en Inde a aussi un grand potentiel.
- Un environnement financier aidant au lancement de nouvelles entreprises
(investissement initial, capital risque, ...). Il est a noter que le
financement d'Etat tel que la pseudo Agence pour l'Innovation Industrielle qui n'arrive à financer
que des éléphants blancs que lui soumettent de grosses entreprises est
totalement inefficace. A mon avis il y a d'ailleurs matière à des poursuites
pour détournement de biens publics. A l'inverse on peut souligner l'existence
du fond particulièrement efficace In-Q-Tel de la CIA qui
finance des entreprises innovantes intêressant la sécurité nationale aux
Etats-Unis.
Comme le résume Louis Naugès, ce ne sont pas les grosses entreprises avec
des gros projets, de grosses équipes et de gros budgets qui innovent (même si
cela flatte l'égo des dirigeants qui sont restés de grands enfants et qui
aiment jouer à c'est moi qui a la plus grosse
) mais les petites
structures avec des petites équipes composées de gens brillants qui
réussissent. On peut d'ailleurs à ce sujet se référer aux essais de Paul Graham qui finance le
lancement de start-ups par des étudiants lors de leurs stage d'été via son
entreprise Y
Combinator.
Une chose que certain on d'ailleur du mal à comprndre en France. Il n'est
alors pas étonnant que la France n'apparaisse pas dans les 30 premières places
du classement de la Banque Mondiale sur les pays où il est bon de monter son
entreprise. On est même dépassé par la Lituanie, un ex pays soviétique, la
honte! Voici donc quelques idées que je lance pour favoriser l'innovation en
France.
De sérieux gains peuvent être obtenus en revoyant de fond en comble les
processus de relation entre les entreprises et l'Etat. En simplifiant les
procédures et en éléminant tous les archaïsmes on peut déjà faciliter la tâche
des entrepreneurs. Des outils en ligne performants peuvent aussi être mise en
place pour faciliter ces relations. Par exemple:
- Mettre en place un dossier de déclaration en ligne permettant d'obtenir
immédiatement les informations nécessaires pour démarrer son activité (SIRET,
TVA, code APE, ...) les diverses administrations contactant ensuite
l'entrepreneur pour obtenir les différentes pièces légales. On peut même
imaginer un partenariat avec les banques pour que réaliser la déclaration en
même temps que l'ouverture d'un compte pour l'entreprise.
- Mettre en place un service de déclaration des salaires en ligne calculant
de lui même les charges sociales et fournissant toutes ces informations aux
organismes concernés, l'entreprise récupèrant en retour les détails comptables.
On peut même ajouter pour la forme un système d'édition automatique des
bulletins de salaires à partir des informations fournies par l'entreprise et
des informations calculées par le service. Et cerise sur le gateau, on peut
imaginger la mise en place d'un virement automatique du salaire en fonction des
données bancaires retenues par la sécurité sociale ou le fisc. Les entreprises
n'aurait alors plus qu'à fournir les données brutes, l'Etat se chargant du
reste contre une modeste rémunération pour les frais. Le système faciliterait
de plus la lutte contre la fraude notament pour la sécurité sociale.
L'Etat étant incapable de voir un projet innovant même si on lui montrait,
les organismes tel que l'AII doivent être supprimés. Cependant, pendant leurs 2
premières années d'existence, les entreprises sont très fragiles.Donc pour
favoriser le lancement des entreprises, on peut imaginer un système où pendant
2 ans, l'Etat fait crédit des charges sociales à un taux préférentiel et à
concurrence de 1 million d'Euros. Pendant 2 ans l'entreprise ne paye que les
intérêts sur les sommes empruntées. Ensuite elle rembourse le total comme un
prêt normal avec des conditions très avantageuses. L'emprunt est limité à 1
million d'euros pour limiter les abus, ce qui est largement suffisant pour une
entreprise innovante qui ne nécessite pas beaucoup de main d'oeuvre afin
d'arriver à une stabilitité finançière. Avec les milliards engloutis en pure
perte dans l'AII, on pourrait financer des milliers d'entreprises. Ainsi si
l'entreprise survit, l'Etat récupère sa mise avec un bénéfice, sinon on passe
l'argent par perte et profits.
Enfin, même s'il est impossible de créer ex-nihilo par la volonté du prince
une Silicon Valley malgrès des tentatives éhontées de la part de l'Etat ou des
collectivités locales, l'Etat a un rôle à jouer en tant qu'aggrégateur et
démultiplicateur de moyens. En commançant déjà par remettre d'aplomb le système
universitaire français, on satisferait une condition nécessaire pour créer un
environnement favorable à l'innovation. Ensuite, autour de ces universités, il
faudrait mettre en place de réels réseaux d'investissement (ce qui peut être
fait à peu de frais). Cependant ce genre d'initiatives reste à mon avis
difficile en France où elles heurtent de plein fouet le Jacobinisme des
élites
puisqu'il faudrait arrêter de toujours favoriser Paris et
commencer à favoriser des villes réellement innovantes tel que Montpellier,
Nantes, Grenoble, ... Il faudrait aussi arrêter de financer des pôles de
compétences à Bazouiche les près pour le seul bonheur des élus locaux.
Au final, la France a d'énormes gisements d'innovation inexploités, même si
cela n'est pas une condition suffisante, il est nécessaire de créer un
environnement afin de leur permettre de se développer. Et cela passe par une
politique réellement innovante loin de la médiocrité actuelle. ce sera long,
cela demandra de l'intelligence mais cela reste possible.